13. Mexique du 11 au 18.03.2015

Mercredi 11 mars

Nous avons vu des photos d’une région appelée Huasteca Potosina qui nous donnent envie d’y faire un tour.




L’office de tourisme nous remet une carte avec les principaux sites et quelques infos. Ni une ni deux, nous voilà partis à l’opposé de nos prévisions, nous revenons même en arrière.

Nous arrivons à Rio Verde en cours d’après-midi, au milieu des orangers. Sur le même arbre, on peut voir des fruits verts, des mûrs et des fleurs, ce qui laisse supposer plusieurs récoltes, vous ne pouvez imaginer comme cela sent bon…

Nous prenons une piste qui longe un canal, le meilleur itinéraire d’après la réponse que vient de nous faire un local, nous nous apercevrons presque à l’arrivée qu’une route goudronnée y va aussi. Nous arrivons au complexe aquatique en même temps que l’orage et la pluie. Nous pouvons bivouaquer sur le parking extérieur, un camping existe mais n’est pas accessible aux véhicules.

Jeudi 12

Nous découvrons El Parque Estatal Laguna Media Luna, aire naturelle protégée où se pratiquent la natation, la plongée ou le canoë.

L’eau est à 27/28°, on peut nager dans les canaux ou dans la lagune et c’est bien agréable.
La fréquentation assez calme à cette période va devenir infernale pendant la semaine sainte où jusqu’à 5000 personnes barbotent bruyamment nous confie un responsable.

L’après-midi, nous continuons jusqu’à Rayon, un bourg tranquille où seule l’église mérite un coup d’œil.

A quelques kilomètres, le canyon de Pinihuan plus ou moins dissimulé par de hautes broussailles, serait plus attractif s'il était plus accessible.
Nous nous renseignons pour aller voir une cascade dans le même secteur, mais les gens ne sont pas bavards, à part une dame qui nous dit qu’il ne faut pas y aller, c’est dangereux, un lion rôde par là… Nous apprenons plus tard, que tout animal est facilement appelé lion lorsque le nom exact n’est pas connu.
Nous revenons à Rayon, Louis en profite pour s’offrir un sombrero texan, comme en portent tous les Mexicains. Le commerçant nous apprend qu’il a neigé hier de Mexico à Puebla, la route étant même coupée.

Vendredi 13

Sous un ciel mitigé une route sinueuse nous amène à Tamasopo. Le village n’a rien de particulier à part sa feria de la Caña et fiesta patronal San José qui dure une semaine à partir du 18 mars.
Par contre, el Puente de Dios à 4 km est un enchantement, avec son extraordinaire cascade qui forme des piscines naturelles reliées par un passage creusé dans la roche.
La baignade est possible mais dangereuse en raison des remous, je me dégonfle, nous faisons le tour par les passerelles et sentiers entourant cette merveille. 
De l’autre côté de la commune, trois cascades alimentent un bassin, où là on ne résiste pas à la délicieuse eau couleur émeraude, plutôt fraîche.




Une aire de camping, des restaurants et autres installations en font une destination très prisée des mexicains.

Nous continuons jusqu’aux cascades de Micos afin d’y passer la nuit et de profiter des lieux avant l’arrivée de la foule demain.

Samedi 14

Il a commencé à pleuvoir pendant la nuit et ça ne s’arrange pas, nous restons dans le camion, espérant une amélioration.

Les visiteurs arrivent par bus ou camionetas et s’adonnent aux plaisirs de la baignade, d’une promenade en barque, ou aux sauts des 8 cascades, appelées également Pago-Pago, pour les plus sportifs accompagnés de guides.




Il fait 16° mais tout le monde s’amuse, les uns en maillots, les autres en ponchos, couvertures ou sacs plastiques, les comedores ne désemplissent pas.

En début d’après-midi, la pluie diminue, nous chaussons nos bottes et allons prendre l’air et tenter quelques photos de ce superbe site. Aucune amélioration côté ciel, n’est prévue avant mardi.

Nous nous rapprochons de Ciudad Valles « Puerta grande de la Huasteca », ville principale de cette région qui vit plus de l’élevage et de la culture de la canne à sucre que du tourisme.


Dimanche 15

Toujours sous la pluie et dans la grisaille, nous roulons jusqu’au balneario de Tambaque, sur les bords du rio Tanute. Il est fermé, nous continuons donc jusqu’à Aquismon, un village paisible où on a du mal à trouver une place pour stationner le temps de manger.



Malgré la pluie et le brouillard, nous parcourons une quinzaine de kilomètres, nous élevant à presque 1000 m et arrivons à Union de Guadalupe. De là, un sentier permet d’atteindre une cavité calcaire de plus de 500 m de profondeur, el Sotano de las Golondrinas d’où s’envolent des milliers d’oiseaux au lever du soleil pour revenir au crépuscule.

Aujourd’hui, les oiseaux ne sont pas sortis, il est donc inutile de descendre nous dit-on à la caisse d’entrée.

Nous passons la nuit sur le parking du site, en pente, pas très confortable pour cuisiner par exemple.
Nous mettons le réveil pour demain matin, il faut y être à partir de 6h30.

Lundi 16

Nous ouvrons un œil, il pleut, il fait encore nuit et le brouillard est à couper à la machette.

On reste là, bien au chaud sous la couette. Dans la matinée, Louis va aux nouvelles. Le gars de l’entrée pense qu’une amélioration pourrait pointer vers midi, nous allons donc attendre. Il nous autorise à stationner entre le comedor et les baños, un petit espace presque plat qui fera notre affaire jusqu’à demain. On peut même se brancher sur une prise électrique pour suppléer les panneaux solaires qui ne produisent rien.
Eh oui, pour voir et vous montrer des belles choses, il faut parfois quelques efforts et de la patience. Nous sommes toujours dans la purée de pois en fin d’après-midi ; remettons à demain si le ciel le veut.

Mardi 17

A 6 heures, il fait encore nuit lorsque nous dévalons les interminables escaliers qui conduisent au gouffre.

Le jour se lève mais il ne se passe toujours rien, nous buvons donc notre café apporté dans le thermos, nous sommes seuls et patientons.
Enfin à 8 h, les premiers oiseaux apparaissent, de plus en plus nombreux, il en sort des dizaines de milliers pendant 1 h et demie. Ils montent en spirale, effectuant une dizaine de tours avant de sortir du gouffre et s’éloigner, jusqu’à la côte atlantique pour certains. Il ne s’agit pas d’hirondelles comme la traduction le laisse penser, mais d’un oiseau y ressemblant appelé ici Vencejo. Ce curieux phénomène se produit toute l’année, sauf les jours de mauvais temps.

Sotano de las Golondrinas

Pour ne pas rester une journée de plus dans ce petit bourg, nous allons jusqu’à San Isidro, pour assister au retour des oiseaux dans un autre gouffre appelé Sotano de las Huahuas.

Nous sommes accueillis par une gamine dont le sourire laisse apparaître ses dents de lait, Rosa Guadalupe nous propose ses services de guide. Elle a 6 ans, parle l’espagnol et le teenek (langue des huastecos), est en première année de primaire mais paraît sortir d’une école de commerce, elle peut aussi nous vendre de la confiture, etc…

Nous choisissons de nous rendre seuls sur le site, toujours par des escaliers en pierre et un passage dans la gadoue. Un orage menace, quelques gouttes nous taquinent mais finalement nous n’avons pas de pluie.


Vers 17h30, les premiers oiseaux arrivent, se sont des guacamayas, perruches vertes, il n’y a plus de huahuas, perroquets très colorés.
Moins nombreux qu’au premier gouffre, suivent des vencejos, par groupes, ils tournoient au-dessus du trou et d’un coup plongent à la verticale à une vitesse qui ne permet pas de photos. Pour pénétrer les couches d’air réchauffées dans la journée, ils doivent atteindre environ 160 km/h,  spectaculaire plongeon !

Nous quittons les lieux pour traverser la forêt avant la nuit.


Mercredi 18

Nous faisons étape à Las Pozas pour visiter un étrange ensemble de créations en béton envahi maintenant par la jungle.

Edward James, né d’une famille anglaise richissime, arrive en 1945 à Xilitla, lors d’un périple au Mexique. Il achète 36 hectares et avec l’aide de Plutarco Gastelum, fait construire des édifices et des sculptures complexes : des temples, des ponts, des escaliers qui ne mènent à rien, des pavillons,
dans une végétation luxuriante agrémentée de cascades aux eaux cristallines.


La construction dont le coût est estimé à 5 millions de dollars US, a duré 17 ans. Une balade dans un labyrinthe surréaliste de structures inachevées, certaines sans rambardes devenues fragiles que l’on ne peut plus escalader, mais où l’imagination a libre cours.

Nous traversons Xilitla, petite ville où il est difficile de circuler dans les rues étroites et abruptes puis nous dirigeons vers la Réserve de la Biosphère de la Sierra Gorda.

Cette région accidentée de la Sierra Madre, englobe des zones totalement sauvages, des semi-déserts, des forêts tropicales où vivent des jaguars et beaucoup d’oiseaux.

Sa protection est assurée par des communautés dont l’écotourisme améliore leur quotidien.
Nous sortons de l’état de San Luis Potosi et entrons dans celui de Quérétaro.

Au début du 18ème siècle, le frère Junipero Serra et d’autres missionnaires franciscains font ériger cinq missions (inscrites au Patrimoine Mondial depuis 2003) pour procéder à l’évangélisation des indigènes du centre du pays.

Nous visitons celle de Landa de Matamoros, superbe, dont la façade colorée est toute sculptée de figures symbolisant le métissage indigène. Nous sommes surpris par son intérieur très sobre.

Devant les divers services municipaux, un agréable parking nous servira de bivouac.

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