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03.Guatemala du 30.10 au 10.11.2014

Jeudi 30 octobre 2014

Il a plu toute la nuit et çà continue, avec en prime du brouillard dès que nous retrouvons la grande route sur les hauteurs. Nous traversons un village où le marché, sans doute au pic de sa fréquentation, occupe une partie de la route et croisons des camions au ras des étalages et des carrosseries.

pas facile de se croiser !

Nous faisons halte à Coban, ville sans grand intérêt, ou s’installèrent des immigrants allemands au 19è. Ils fondèrent des plantations de café puis furent expulsés par le gouvernement guatémaltèque pendant la 2ème guerre mondiale sous la pression des E.U. et la prospérité de la région fut atteinte. Malgré son climat humide et froid, Coban est redevenue prospère.

Pour quelques quetzales, nous repartons du marché avec deux grands sacs.

Cette région cultive un café acide lié à l’altitude des plantations. A l’époque de la récolte, les paysans sont engagés, payés au poids de café ramassé selon les cours, leurs salaires sont insignifiants, sans minimum garanti et des conditions très dures.

Un groupe de propriétaires refuse l’exploitation des travailleurs, il a fondé des coopératives sous le label du commerce équitable pour contribuer au développement des communautés et empêcher de faire travailler des enfants.

Quelques percées nous laissent apercevoir les paysages en approchant de Salama. De là, nous voulons rejoindre Nebaj, Louis aimerait découvrir la route 7W, célèbre pour ses magnifiques panoramas. La police nous informe qu’elle est coupée depuis hier suite à un éboulement, ce qui n’est pas pour me déplaire. Fin 2008, un pan de montagne s’est effondré et sur 2 km la route n’est pas remise en état, jugée trop dangereuse par les autorités. Il faut donc emprunter une déviation improvisée par les habitants où seuls quelques chauffeurs de bus intrépides osent s’aventurer pendant que leurs passagers parcourent cette distance à pied en priant.

Nous passons la nuit à San Miguel Chicaj sur la place.

Vendredi 31

Nous nous renseignons auprès de la police locale pour la suite : route difficile, très accidentée, étroite avec beaucoup de virages en épingle après Rabinal mais environnement enchanteur. D’accord, mais par temps couvert et du brouillard en altitude, nous choisissons un retour à Salama pour reprendre la route de Guate, itinéraire plus long mais plus serein.




Vers midi, nous nous arrêtons dans un grand centre commercial du nord de la capitale le temps du repas et quelques courses. En cette veille de fête, la circulation est assez dense mais çà roule bien. Nous mettrons plus de temps pour traverser la banlieue et surtout Chimaltenango où nous progressons à deux à l’heure sous un ciel tristement sombre.

Le GPS nous fait quitter la grande route pour ce qui ressemble à un raccourci sur la carte papier.
Il se met à pleuvoir, la route est sinueuse avec ses habituels nids de poules, les tumulos (ralentisseurs) sont partout, dans les villages, hors des villages, la nuit nous oblige à nous arrêter dans une aldea (hameau) sans stationnement, une famille nous autorise à rentrer dans leur cour, plutôt basse-cour.

Samedi 1er dimanche 2 novembre

Il fait 9° à l’extérieur au réveil et 14 dedans, il ne faut pas oublier que nous sommes à 2500, nous mettons le chauffage un petit moment.

Le ciel bleu nous promet une belle journée, nous repartons en direction de Panajachel.

Très vite nous nous retrouvons sur une piste étroite et déformée qui semble nous amener dans un champs de maïs. Mais non, un monsieur que nous interrogeons nous rassure, c’est bien par là, recto, recto !


A San Andres Semetabaj (facile à retenir), nous retrouvons le goudron en état médiocre mais on apprécie.
Nous surplombons le lac, à chaque virage la vue est époustouflante jusqu’au moment où la route est coupée.
Demi-tour, une petite rallonge de quelques kilomètres et nous arrivons enfin à Panajachel.

Nous trouvons un bivouac face au volcan 
Atitlan, tout près de l’embouchure du rio San Francisco.

Le lac Atitlan s’étend sur 130 km2 avec une profondeur d’environ 300 m. Un effondrement du sol suite à une éruption massive a formé ce cratère qui s’est rempli d’eau d’un beau bleu-vert, dominé par les volcans Atitlan (3537m), Toliman (3158m) et San Pedro (3020m).

On ne se lasse pas de ce magnifique spectacle.

Des bateaux proposent le tour du lac avec haltes dans quelques villages.

Quelques pêcheurs sur des petites embarcations sillonnent les eaux, les femmes y lavent le linge, des familles nettoient des montagnes d’oignons.


Panajachel, Pana pour les locaux, est une ville très touristique. Les rues animées regorgent de restos, bars, agences de voyages, hôtels et boutiques ou stands d’artisanat.

Les descendants mayas cakchiquel et tzutujil des communautés voisines viennent y vendre leurs tissages et broderies et autres ouvrages.

Lundi 3

Nous bavardons un moment avec un couple d’Annecy puis partons en direction de Sta Catarina Palopo. Ses rues tortueuses ne nous permettent pas de nous garer nous continuons jusqu’à San Antonio Palopo.

Certains hommes portant le costume traditionnel, une jupe en laine, travaillent leurs parcelles en terrasse alors que les femmes revêtues de bleu foncé aux coiffes de strass font la lessive ou confectionnent sur les métiers à bras des châles, des tuniques et autres tissages.
Le village compte aussi un atelier de céramique. Nous faisons un tour harcelés par les vendeurs, empruntons un callejon pour voir l’église et déjeunons au bord de l'eau.

La route s’arrête là, nous faisons le même trajet pour reprendre le tour du lac.

Nous montons jusqu’à San Lucas Toliman, au pied du volcan du même nom, petite ville de production de café. La coopérative de commerce équitable a fondé des écoles, une clinique et créé un programme de reforestation grâce à l’aide des missionnaires catholiques d’Amérique du Nord et d’Europe.

A l’entrée de Santiago Atitlan, nous devons nous acquitter d’un péage et stationner sur un parking de bus payant, les camions sont interdits dans la ville. Nous insistons pour aller plus haut, nous ne sommes pas un camion mais un camping-car. Rien à faire, nous devons obéir et passer la nuit dans cet endroit déprimant.

Nous visitons le centre, composé de rues pentues occupées par les mêmes activités, les mêmes commerces que les autres villes autour du lac.

Ici, certains hommes portent un pantacourt blanc à rayures quelquefois brodé.
Santiago est la patrie de Maximon, saint ou dieu vénéré par les guatémaltèques.
Son effigie est promenée lors de la procession de Pâques, il reçoit des offrandes, réside et change de maison chaque année.
Nous passons voir la police qui nous conseille de venir nous installer sur la place pour plus de sécurité. Sitôt dit, sitôt fait ! Un couple étatsunisien vient nous voir et nous propose d’aller devant chez eux, dans un quartier tranquille, nous les remercions et restons là.
La soirée s’anime, une foule bruyante envahit la place jusque tard dans la nuit et ça recommence très tôt le matin.

Mardi 4

Quelques kilomètres plus loin, la route n’est plus goudronnée mais assez bonne jusqu’à la montée vers San Pedro La Laguna. A partir de là, elle devient inconfortable, un ramasseur de café nous rassure, ce n’est pas long, juste un pedacito…

Les rues pentues de San Pedro nous amènent jusqu’à l’embarcadère. Depuis 2006, le niveau du lac a augmenté de 2,9 m et plusieurs maisons sont dans l’eau. Au pied du volcan du même nom, San Pedro est un village lacustre très visité pour son ambiance et son rythme très traditionnel.

Nous devons traverser le marché pour reprendre notre tour vers San Juan La Laguna, puis San Pablo La Laguna, que des noms d’apôtres, avec péage à chaque entrée pour nettoyer le lac nous dira-t-on. Au passage du dernier, un policier arrose la chaussée, nous mendions quelques litres, il nous fait gentiment le plein.

Nous nous éloignons des rives de ce superbe lac, traversons Sta Clara,

la route devient meilleure et excellente jusqu’à Quetzaltenango surnommée Xela diminutif de Xelaju son nom en quiché.

Depuis quelques temps, Louis est à la recherche de mémoire RAM pour remplacer celle de son ordi, nous allons donc dans une zone commerciale et bivouaquons sur le parking d’un grand magasin d’électro-ménager, pas surveillé mais bien éclairé, un peu bruyant.

Mercredi 5

Nous prenons un café chez Mc Do juste en face pour relever nos mails puis faisons quelques courses au supermarché.

Nous passons à Almolonga, un village maya prospère grâce à ses cultures maraichères et connu aussi pour ses petits établissements qui ont aménagé des bassins alimentés par des sources sulfureuses.

Nous suivons les indications du GPS pour nous rendre aux Fuentes Georginas mais à quelques kilomètres du but, plus de route.

Nous revenons vers Zunil et comme les sommets sont dans le brouillard nous y restons jusqu’au lendemain.
La façade de l’église ouvragée et ornée de 16 colonnes torsadées contient un autel en argent pas visible, l’intérieur est en cours de restauration.
 

Jeudi 6

Le ciel dégagé nous permet de profiter des panoramas durant la montée vers Fuentes Georginas.



Dans un cadre tropical, quatre bassins d’eau sulfureuse naturelle à différentes températures donnent l’occasion de se prélasser ou de masser ses cervicales en respirant l’air frais de la montagne à cette heure matinale.
Nous faisons la connaissance de Carmen et Saul qui nous invitent à passer la nuit prochaine devant chez eux à Xela.

Nous barbotons plus de 2 heures dans ce charmant endroit et laissons la place à la déferlante de nouveaux arrivants.

Dans l’après-midi, nous nous rendons chez nos hébergeurs qui nous accueillent chaleureusement.


Vendredi 7

Nous prenons le petit déjeuner chez eux. Carmen a préparé une jolie table et nous a cuisiné des œufs brouillés, de la purée de frijoles (haricots noirs), pain, beurre, confiture maison, fruits, jus de mandarines et café. Nous les quittons en fin de matinée avec en cadeau un pot de marmelade de coings.

Retour dans une boutique d’informatique mais l’article ne correspond pas à celui que Louis a commandé. Nous quittons cette ville de près d’un million d’habitants sans la visiter.

Direction San Miguel Totonicapan, ville connue pour ses potiers, sculpteurs sur bois, bottiers, tisserands et ferblantiers. Une fois de plus, nous campons sur la place, face à l’église coloniale et au théâtre municipal.

Le vent glacial nous fait écourter une balade dans les rues animées.

Samedi 8

Nous sommes réveillés vers 4h et constatons que nous sommes encerclés par des tréteaux et autres supports qu’installe le personnel municipal. Louis doit en déménager plusieurs pour manœuvrer et sortir de ce piège. Nous nous garons un peu plus loin et retournons sous la couette en attendant que le soleil et le chauffage réchauffent notre intérieur, eh oui, il fait froid à 2476 m.
Un petit tour au marché très coloré, puis nous cherchons un atelier de ferblantier sans succès.

 
Nous allons jusqu’à la Casa de la Cultura qui normalement expose l’artisanat local mais elle est fermée.

Puisque c’est ainsi nous changeons de colline et arrivons à San Francisco el Alto (2582m).
Le commerce de San Francisco est plus axé sur les vêtements. Les boutiques entassent jusqu’au plafond des piles de tissus, pulls, jeans, couvertures et les jours de marché, un des plus authentiques, il ne reste pas un seul mètre carré libre.

Nous allons voir la belle église sur la place dont la façade est enlaidie par un châpiteau en plastique.

Etonnamment, nous trouvons plusieurs boucheries dans cette ville, ce qui est rare, en plus elles paraissent propres.

Contrôle sanitaire au sud de Malacatancito
Nous voulions aller ensuite à Huehuetenango, Huehue en raccourci, mais finalement nous atterrissons à Aguacatan, cherchez l’erreur, ce n’est pas toujours la faute du GPS. Les paysages sont splendides entourés des cimes des Cuchumatanes, les plus hautes montagnes d’Amérique Centrale.

Un complexe de loisirs ne veut pas de nous, fermé la nuit, nous nous contentons d’une station service.

Dimanche 9

Gabi a droit à un nouveau lavage, pour 1,50 € cette fois, sans les coins.

Notre arrivée à Huehue ne passe pas inaperçue. Après hésitation, le choix de la voie de gauche à une fourche, s’avère le moins bon. Ce n’est pas la première fois, dans ce pays les sens interdits ne sont pas toujours signalés, mais pas vu pas pris. Nous croisons des véhicules qui ne disent rien et s’écartent même pour nous laisser le passage, sauf le policier qui nous attend au carrefour. Il a un carnet à la main, çà sent le roussi. Il contrôle les documents, fait un petit sermon et très indulgent nous souhaite bonne route !

Nous tournons un moment dans plusieurs rues, pas moyen de stationner, nous repartons.

Dernière ligne pas droite, c’est la direction de la frontière que nous prenons.
Nous nous arrêtons un peu avant à El Reposo pour faire le plein de gas-oil et manger.
Finalement nous préférons remettre les formalités à demain et restons pour la nuit sur le terrain privé d’un hôtelier.

lundi 10

Nous quittons le Guatemala à la Mesilla, dernier pays du Centro América. Le CA-4, accord conclu avec le Nicaragua, le Honduras et le Salvador attribue 90 jours de visa touristique pour circuler dans ces pays.

Nous avons bien aimé ce périple, l’accueil, la gentillesse et le sourire des populations qui nous saluent de la main sur le bord des routes et qui souvent nous remercient de venir les visiter, même si quelquefois nous sentons bien que les indigènes se passeraient de nous voir s’ils n’avaient pas d’artisanat à vendre. Les choses retrouvent leur véritable valeur grâce à toutes les rencontres que ce voyage nous offre, que ce soit des gens aisés ou des pauvres aux salaires inconcevables.

Nous n’avons pas aimé l’état des routes en général et surtout les ralentisseurs.

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