10.Equateur du 3 au 19.02.2014

Lundi 3 février

En fin de matinée, nous quittons la côte en direction de Montecristi dans la région Manabi, 

  

une des trois principales où sont fabriqués les fameux chapeaux dits Panama. Ils sont confectionnés par des familles avec la paille locale, la célèbre toquilla connue comme la plus fine du pays. Ils sont ensuite mis en forme et blanchis au soufre dans des ateliers. Leur souplesse, leur légèreté et leur grande qualité font leur réputation et le prix plus élevé qu’à Cuenca où ils sont terminés à la presse.

Sur la place, un marché artisanal propose aussi de l’artisanat en vannerie, des bijoux et des tissages, actuellement fréquenté par les passagers de paquebots en escale à Manta.

Nous passons au petit musée consacré à Eloy Alfaro, premier président libéral d’Equateur, nè à Montecristi. Il améliora le code civil, les conditions de vie des Indiens, la santé et l’enseignement public. En 1906, il proclama une loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat ;                                                                                       

Il œuvra également pour la finalisation du réseau ferroviaire du pays.


Pour nous éloigner de la circulation et du bruit, nous montons à Ciudad Alfaro et bivouaquons près du poste du gardien.


Mardi 4

Nous visitons le Centro Civico Ciudad Alfaro construit en 2005, centre de conventions où fut modifiée la dernière Assemblée Constitutionnelle de l’Equateur en 2008.

Nous pénétrons ensuite dans le Mausolée où sont conservées une partie des cendres d’E. Alfaro et terminons par un petit musée et une exposition de l’artisanat régional.

Nous sortons de Montecristi et prenons la direction de la région andine la plus sauvage.

Nous traversons à nouveau des plantations de bananiers, cacaoyers, quelques caféiers, des forêts de bambous et de balsa qui font partie d’un programme de reforestation, également des calebassiers, des papayers et les palmiers qui fournissent le tagua (ivoire végétal).

La nature donne tous les matériaux servant à la construction d’habitations dans cette zone un peu défavorisée.

La route plutôt pourrie, avec des nids de poules, des secteurs en terre ravinés par la pluie récente, nous oblige à rouler lentement.

Dans un hameau, des fèves de cacao et du riz sèchent au soleil au ras de la voie de circulation. 

       

Nous saluons les propriétaires de cette récolte. Très gentiment ils nous expliquent comment ils sèchent, trient, décortiquent et torréfient les grains de café pour leur consommation personnelle puis nous offrent des bananes (100% naturelles) de leur production.

Un peu plus tard, nous retrouvons l’asphalte mais il est bientôt l’heure de se poser.

Nous optons pour l’arrière d’une station service à l’entrée de Valencia. Les orages se succèdent toute la nuit accompagnés de pluies torrentielles.


Mercredi 5 février

Toujours à travers des paysages superbes mais différents en raison de l’altitude, 



nous atteignons Zumbahua après le passage d’un col à 4000m. Nous nous installons sur une place et partons découvrir ce village. 


Nous entrons dans un atelier de chapeaux portés dans la région, confectionnés en peau de bourriques nous précise l’artisan. 

Un peu plus loin, un autre atelier assure le nettoyage et la réparation de ces chapeaux. 

Nous découvrons ensuite une fabrique de chaussures sur mesure en cuir au prix de 30 à 40 U$, fait également des bottines.

Nous passons la nuit là, à 3530m, en venant du niveau de la mer, cela semble plus prudent et confortable.

Jeudi 6 février

Dès potron minet, nous montons à Quilotoa pour profiter du soleil et des paysages sauvages et splendides.


A 3900m, la lagune Quilotoa remplit le cratère d’une eau turquoise. Nous sommes saisis par la beauté du site.

Une quarantaine de minutes de descente et nous pouvons l’admirer depuis sa plage, nous sommes les premiers visiteurs, elle nous appartient. 

Un gamin vient nous proposer la location de kayaks mais nous gardons nos forces pour la remontée assez raide.

Nous croisons Cindy et Olivier qui durant 7 mois et demi parcourent plusieurs pays de ce continent. Ils projettent de voyager en véhicule aménagé et viendront visiter le notre avant de reprendre leur bus.

Les nuages font leur apparition ainsi que la brume, nous revenons à Zumbahua pour déjeuner et nous connecter au resto de l’hôtel Oro Verde.

Nous filons ensuite vers le parc Cotopaxi par une belle route dans un environnement de prairies. Quelques familles vivent encore dans des chaumières plutôt précaires.

Nous arrivons à la première entrée du site et bivouaquons au bord d’une falaise, près du bâtiment des guardaparques à 3300m.


Vendredi 7

Nous nous rendons jusqu’à l’aire de camping située à 3850m et nous installons dans un cadre de verdure très plaisant. 

Nous partons vers la laguna Limpiopungo un peu plus haut, au milieu de prairies et de chevaux sauvages. Nous l’avions imaginée plus grande et en faisons le tour pour observer depuis des miradors quelques oiseaux, les fleurs et les joncs (totora) qui la peuplent.


Nous rencontrons 2 couples strasbourgeois en visite en Equateur. Leur guide nous indique un sentier pour le retour permettant de faire une boucle.

La distance est plus longue, nous rejoignons Gabi après 3 heures de marche.


Une détonation nous fait supposer qu’une avalanche vient de se produire.

Après déjeuner, nous apercevons le volcan Cotopaxi. Avec ses 5897m, il est le plus haut volcan actif au monde et le 2ème du pays. Son imposant sommet est toujours enneigé et son énorme cratère mesure 650 m sur 800 m.

      
Un peu plus tard, un orage et la pluie font chuter la température, nous revenons au bivouac de la veille pour gagner quelques degrés, nous sommes passés du maillot de bain à la polaire en peu de temps.

Samedi 8 et dimanche 9 février

Nous pensions approcher ce majestueux cône en allant jusqu’au dernier parking à 4.600m et marcher un peu dans la neige, environ 200m plus haut mais un épais brouillard ne semble pas décidé à se dissiper.

Nous reprenons la Panaméricaine et nous dirigeons vers Quito. Nous nous posons dans un grand parc du centre « la Carolina » et y passons un week-end citadin.

Lundi 10 et mardi 11

Louis n’est pas satisfait de la réparation faite sur le collecteur d’échappement. Les joints faits maison chez « tripote et mascagne » n'ont pas tenu en raison d'une légère déformation de la pipe qui a dû être rectifiée. En route pour l'importateur Renault (que nous ne voyons pas), nous nous arrêtons chez Iveco puisque notre moteur Sofim est aussi monté sur les Iveco Daily. Nous sommes très bien accueillis et sommes autorisés à passer la nuit dans le garage, avec douche et wc et réception accessible si nous souhaitons regarder la télé.  Le boîtier de direction, victime d'un suintement d'huile, est également démonté pour changer les joints que nous avions apportés de France. Il s’avère que la concession Renault V.I. d’Agen ne nous a pas vendu le bon kit, donc remontage sans changement.

Après essais, le gérant vient voir si nous sommes satisfaits et nous annonce que toute la main d’œuvre ne nous sera pas facturée, nous réglerons 4 h à 25 U$.

Mercredi 12

Nous passons une partie de la journée pour trouver un chargeur pour le Mac, le câble de l'ancien ayant cédé. Nous occupons le reste du temps à rendre visite aux services d’immigration pour prolonger notre visa de quelques jours. Vu le coût, plus de 300 U$ pour nous et les tracasseries douanières pour le véhicule, nous renonçons.

Nous sortons de Quito en direction de Cayambe.


La route à péage (1U$) superbe nous amène de colline en colline vers cette petite ville dominée par le volcan du même nom (5790m). 

Les nombreuses serres abritent les cultures de roses et d’œillets d’origine française. Presque la totalité de la production est réservée à l’exportation. 

C’est la fin de la journée, la police nous conseille de nous garer dans une avenue près de chez eux pour la nuit.


Jeudi 13


                 

Nous faisons le tour du quartier historique puis allons visiter une fabrique de bizcochos. On rentre directement dans l’atelier dirigé par le père Rafael, évêque. A partir d’une pâte jaunâtre, les biscuits sont formés à la main et cuits au four à bois. Nous en dégustons encore tièdes et en achetons, ainsi qu’une autre spécialité le queso de hojas. Ressemblant à la mozzarella, il est vendu roulé, d’où le nom.

Après cette pause gourmande, nous repassons la ligne équatoriale. 


Sur le site du Museo Cultural Solar, en plein air, une tour métallique orange de 10 m  se dresse au centre d’un cercle pavé formant un cadran solaire

Des bénévoles membres de l’association Quitsato assurent les commentaires pour un dollar. L’un d’eux, Manuel demande à voir notre intérieur et nous pose beaucoup de questions sur notre pays et notre voyage.

Nous longeons ensuite le lago San Pablo et arrivons au village de Peguche. 

Moyennant une petite contribution nous accédons à une cascade dans une forêt d’eucalyptus. 


Pour les indiens l’endroit n’est pas un site touristique mais un lieu de culte sacré, il sert aux rituels pendant les solstices et les équinoxes.

Au bivouac, nous avons la visite de Rosita et Yuri.

Vendredi 14 février

Otavalo, près de 100.000 h, à 2580m entre le volcan Cotacachi et le volcan Imbabura, est surtout fréquenté par les voyageurs pour son marché. Il y en a un tous les jours mais le plus important a lieu le samedi, avec une esplanade réservée aux veaux, vaches, cochons, une autre destinée aux volailles et petits animaux, sur la plaza 24 de Mayo, le marché aux fruits et légumes très coloré, la plaza de los Ponchos où domine l’artisanat et les vêtements et le mercado Copacabana pour la nourriture.



A onze kilomètres de là, un joli petit village nous attend, Cotacachi, de là, plusieurs treks et ascensions de volcans sont réalisables. 


Ce village doit aussi sa célébrité dans le pays pour avoir eu le premier maire indien, Auki Tituaña. Il a beaucoup œuvré pour le tourisme basé sur l’écologie et permis aux communautés de réaliser des activités touristiques.

La spécialité du coin est le travail du cuir, les nombreuses boutiques se trouvent dans la même rue. Nous nous offrons 2 petits tabourets d’appoint au magasin de Vicente Leon (89ans) propriétaire d’une manufacture.

Nous partons déjeuner au bord du lago Cuicocha à un gros quart d’heure de route, à 3068m, ce lac se situe dans un ancien cratère.

Il n’est plus possible d’y passer la nuit donc nous roulons jusqu’à Ibarra et bivouaquons au bord du lago Yahuarcocha.

Samedi 15

Quelques courses au marché, passage à la poste mais notre courrier n’est pas arrivé.

Nous repartons au bord du lac mais cette fois au camping Sommerwind récemment ouvert par Patricia et Hans, un couple allemand. Nous y trouvons Jean-pierre et Any de Vielle Aure, déjà vus à Cuzco, une famille belge et une famille argentino-américaine.

Dimanche 16 au mercredi 19

Nous restons seuls, les 3 autres équipages quittent l’Equateur. Lessive, grand ménage, remaniement des placards et de la soute pour occuper ma journée pendant que Louis bricole... trie les photos et met en ligne le récit.

Nous faisons aussi un peu de tourisme et visitons Ibarra (2200m), capitale de l’Imbabura, 120.000 h, traversée par la Panaméricaine. Elle fut presque complètement détruite en 1868 par un tremblement de terre et reconstruite en 1872. Les nouvelles rues sont implantées comme un damier et les maisons aux façades blanches lui ont donné le nom de cité blanche.

Trois parcs agrémentent le centre historique : Parque de la Merced et son église, 

parque Pedro Moncayo dominé par la Cathédrale 


et la Plazoleta Boyaca avec la statue de Simon Bolivar et le Convento Santo Domingo, occupé par un collége.

 


Nous visitons aussi la heladeria Bermejita (famille Suarez) où la tradition de cette fabrication est perpétuée depuis 1896. 

  
Une bassine en bronze « la paila » contenant le jus de fruits est posée dans une grande cuvette tapissée de paille, de glace et gros sel. Dans un mouvement de rotation continue le liquide prend et se transforme sans additif ni colorant. Nous avons testé, hum…un pur délice.

Notre séjour en Equateur s’achève, nous avons épuisé les 90 jours de visa. Nous avons adoré ce pays attrayant et attachant coincé entre le Pérou et la Colombie, que l’on dit petit mais qui a tout d’un grand.

 

Nous mettons 3 heures pour atteindre Tulcan. Nous complètons le réservoir de gas-oil et déjeunons sur le parking de la station service avant de nous approcher du pont international.

 

Nous effectuons la sortie du territoire et croisons les Petits Explorateurs, une famille de voyageurs qui va vers le sud.

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