COLOMBIE 2014‎ > ‎

08.Colombie du 5 au 27 juin 2014

Jeudi 5 juin

Nous saluons Clemencia et la remercions pour son chaleureux accueil.

En milieu de matinée, nous quittons Medellin, ville de l’éternel printemps, moderne et dynamique, réputée pour sa gastronomie et capitale colombienne du tango.

En direction du nord-est du pays, nous passons à plus de 2600m, toujours accompagnés de camions, seul moyen pour assurer le transport de marchandises. Les routes à 2 voies et à péages ne sont pas adaptées à ce trafic. Notre petite moyenne nous laisse le temps d’admirer les montagnes mais aussi d’apercevoir des habitations précaires, de bâches plastiques tenues par des piquets, témoignage de pauvreté.

Nous demandons l’autorisation de passer la nuit sur un grand parking à la sortie de Valdivia, des militaires mobiles y ont basé un campement. En surplomb du lit d’une rivière et de la vallée boisée, ils surveillent des chercheurs d’or illégaux et ont connaissance de la présence d’un groupe de guérilleros.

Plusieurs sujets sont abordés lorsque nous passons un bon moment avec eux, essentiellement le foot. A Medellin, nous avons appris que la piste de San Francisco à Mocoa (parcourue en février) serait une zone à risques. Nous leur posons la question, ils confirment que cette partie du département de Putumayo est à éviter pour les mauvaises rencontres que l’on peut y faire mais aussi pour le danger de cette voie appelée Trampolina de la Muerte.

Vendredi 6 juin

Nos "gardiens" nous offrent un gros avocat lorsque nous les saluons en partant.

Nous roulons depuis environ une heure lorsque sur le bord de la route, nous remarquons de nombreux tuyaux d’où l’eau coule à profusion, des laveurs proposent le nettoyage complet des véhicules.


Nous stoppons près d’une petite maison et Hector aidé par sa femme et son fils (environ 7/8 ans) lessivent la carrosserie et le dessous de Gabi pendant 1 heure pour 8 €.


A Caucasia, nous trouvons un supermarché avec parking aérien, ce qui est très rare, nous en profitons pour ravitailler notre frigo qui fait pitié.

Au péage suivant, des grands arbres nous tendent les bras pour un déjeuner à l’ombre de leur feuillage.

Des vendeurs de mangues jalonnent notre itinéraire jusqu’à Chinu où nous nous posons sur une place entourée de coquets pavillons. L’endroit paraît tranquille pour y passer la nuit jusqu’au début d’une animation musicale un peu sauvage pour servir de berceuse.


Nombreux fabricants de meubles


Samedi 7 au dimanche 15 juin

Nous apercevons l’océan et arrivons à Cartagena, nommée Cartagena de Indias pour la distinguer de la ville espagnole, elle fut construite sur le site d’un village amérindien abandonné, Calamari (signifiant calamar en indigène). 

Lorsque débute le négoce de l’or et l’émeraude, il faut construire un port pour rapatrier ces trésors en Europe et la mission revient au madrilène Pedro de Heredia. Devenu gouverneur il fonde Cartagena en 1533, entourée de collines d’où l’on peut surveiller la baie. En 1552, un incendie détruit la ville dont les maisons étaient en bois et furent reconstruites en acier.


Avec la poursuite de la colonisation espagnole, les navires complétaient là leur précieux chargement avec l’aide d’esclaves et d’un réseau de mules qui acheminaient les biens de l’intérieur du pays, du Pérou et d’Equateur puis faisaient escale à Cuba et Porto Rico où venaient s’ajouter une inestimable cargaison.

Dès 1543, une longue liste de pillages de pirates français et anglais irrite la couronne qui subit d’importantes pertes. Un ensemble de forts, de châteaux, de forteresses et de murailles furent érigés pour protéger la baie et la ville.


Aujourd’hui, classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, elle compte plus d'un million d'habitants. Ses activités portuaires, son industrie pétrochimique et le tourisme sont ses principales ressources.

Dans le centre historique, on découvre les magnifiques demeures coloniales reconverties en hôtels de charme, restaurants avec terrasses dans les jardins intérieurs et autres commerces ou maisons familiales. Nous n’en dirons pas plus, les photos parlent d’elles-mêmes, de jour comme de nuit (qu’est ce que vous faites dehors la nuit à votre âge, allez-vous penser ?).




Après un week-end découverte, nous nous lançons à la recherche d’un cargo qui prendra Gabi en charge jusqu’au Panama, il n’existe pas de route reliant les 2 pays. Cette région appelée Darien est en partie constituée de marais et marécages côté colombien et d’une forêt tropicale humide et montagneuse côté panaméen. Ce secteur est une zone d’activité de narco-trafiquants et de groupes rebelles dont les FARC font partie.

En attendant les devis, nous partons vers l’est en longeant la mer des Caraïbes.

Dès les premiers kilomètres, nous avons l’impression d’avoir changé de pays. Un environnement aride, des détritus le long de la route, des plages peu attirantes nous accompagnent jusqu’à Puerto Colombia. 

Nous faisons un tour et profitons d’une exposition des oeuvres humoristiques du dessinateur Turcios, dans l’ancienne gare transformée en centre culturel. 

Cette petite ville pourrait être une station balnéaire accueillante mais tout le bord de mer est délabré, des cabanes de plages en piteux état, une jetée en ruines …


Nous y passons une nuit paisible.

Nous contournons Barranquilla, ville célèbre pour son carnaval. La suite du paysage transpire encore plus la désolation. 

La route construite sur une fine bande de terre traverse une zone de mangroves où l’on peut apercevoir un grand nombre d’arbres morts. 

Quelques villages de pêcheurs constitués de baraques au milieu de décharges immondes proposent des poissons, crevettes et huîtres. 


Nous allons jusqu’à Santa Marta et revenons sur nos pas pour nous installer à Rodadero, dans un camping. L’endroit n’est pas folichon mais nous y restons 4 jours à l’ombre.

Après avoir vu tant de beaux paysages depuis notre entrée en Colombie, nous sommes déçus par cette région et renonçons à aller plus loin vers l'Est. 

Nous revenons à Carthagène. 

Tout au long de la route, les Colombiens fêtent la victoire de leur équipe qui vient de remporter son 1er match du Mundial brésilien.

Dimanche, nous déjeunons au resto pour la fête des pères, sans alcool (ley seca) en raison du 2ème tour des élections, Juan Manuel Santos est réélu


Nous assistons à la victoire des bleus contre le Honduras. Nous retrouvons la famille Syselema qui déjeune dans le restaurant juste en face, nos routes se croisent pour la 6ème fois en un peu plus d’un an.

Du lundi 16 au vendredi 27 juin

Après quelques informations complémentaires, nous optons pour un cargo de S.C.Lines (Cie Espagnole) pour le passage au Panama. Nous effectuons la réservation auprès de leur correspondant local, ce qui nous prend presque la matinée. Afin de nous faire aider dans toutes les formalités nous contactons un transitaire, l’agence d’Ernesto La Rota. Sonia, son épouse, nous assure qu’avec cette compagnie nous n’avons pas besoin de leur assistance.

Les "inchas" (supporters) célèbrent la 2ème victoire de leur équipe au Mundial

A partir du mercredi après-midi, le parcours du combattant débute par des allers-retours entre les services de douanes et l’administration du port. Vendredi matin, nous amenons le véhicule au port d’embarquement et nous installons à l'hôtel La Passion.

L'entrée et le patio
Patio à l'étage
Notre chambre
La piscine en terrasse

Hôtel de charme dans le quartier historique où nous passons 3 nuits, surclassés par la Casa Relax où nous terminerons notre séjour dans cette ville. 

Casa Relax, patio et piscine

Lundi, Louis a rendez-vous au port, à 8 heures pour l'inspection de la police anti-narcotiques. Il y a une dizaine de kilomètres depuis l'hôtel et seule la personne figurant sur la carte grise ayant le droit d’accès il s’y rend en moto taxi.

Le bateau a un jour de retard et tant qu’il n’est pas au port le contrôle ne peut pas être effectué, puisque c’est ainsi, il reviendra mardi… Je passe certains détails comme l’autorisation d’entrée au port qui n’est plus valable pour le lendemain, ce qui l’oblige à revenir aux services administratifs près du centre et à batailler pour la faire proroger, un jour férié en plus…

Nous avons eu écho de quelques contrôles extrêmement pénibles durant lesquels les voyageurs ont dû entièrement vider leurs véhicules et subir une fouille méticuleuse, en plein soleil pendant plusieurs heures. Louis appréhende cette ultime formalité car s’il doit tout sortir il faudra aussi tout ranger pendant que je profite de la piscine sur le toit de l’hôtel.

Par chance, une inspection succincte est effectuée dans la cellule et un simple coup d’œil dans nos coffres, pas de visite de chien non plus.


Le soir, nous dînons avec Sylvie et Sébastien pour arroser (avec modération) nos retrouvailles et nos départs vers d’autres horizons.

Finalement, nous sommes prévenus mercredi après-midi que Gabi a pris la mer via la Floride et qu’il atteindra le port de Colon en fin de rotation du navire.

En ce qui nous concerne, nous avons opté pour une traversée en voilier via l’archipel des San Blas. Nous partons donc vendredi soir de Cartagena à bord de Corto II.

Nous quittons la Colombie, pays qui nous a séduits, par la beauté de ses paysages mais aussi par la gentillesse, la joie de vivre des Colombiens, nous sommes loin des clichés qui en font une destination réputée dangereuse.

Nous quittons aussi l’Amérique du Sud, après un périple de 2 ans et 8 mois, chargés de superbes souvenirs, de sites fabuleux, de rencontres inoubliables de gens accueillants et généreux. Quelques petites galères ont ponctué ce parcours mais deviennent presque anecdotiques avec le temps. Nous n’oublierons pas non plus les heureux voyageurs que nous avons croisés.


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