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12 - Chile Chico - Futaleufù

 

Samedi matin, je me réveille avec mal de dent et comme nous partons dans un secteur où les dentistes ne doivent pas courir les rues, nous allons chez le seul qui travaille un samedi matin.

Ce n’est pas grave, un petit traitement fera l’affaire mais la pharmacie n’ouvre qu’à 17 h 00. Aussitôt après nous prenons la direction du Chili dont la frontière est toute proche.

 

Les formalités à la douane argentine se prolongent et nous demandons des explications : « ce n’est rien, juste un contrôle de routine, nous avons envoyé un mail, nous attendons la réponse » nous rassure l’agent.


Le temps passe et nous attendons toujours. La douanière nous fait la conversation, nous vante sa région d’origine, sa collègue en profite pour nous vendre la sienne. Elle nous apprend la signification des nombreux sanctuaires qui jalonnent les routes en hommage au Gaucho Gil , un Robin de Bois local originaire du Nord de l’Argentine, qui volait les riches pour donner aux pauvres. Les chauffeurs de camions, essentiellement, l’ont ensuite propagé dans tout le pays et aujourd’hui on y prie pour que le trajet se déroule sans encombre.

 

Au bout d’une heure, nous avons enfin le feu vert et filons sur Chile Chico. Beaucoup de monde à la douane chilienne mais c’est assez rapide.

 

Après la traditionnelle visite à l’office du tourisme et quelques courses, nous nous installons au bord du lac qui devient Lago Général Carrera, pour la partie chilienne (Buenos Aires pour la partie argentine). 

 Nous allons jusqu’au mirador Cerro Banderas qui domine la ville et le lac et les ilots.

 

Par une piste en mauvais état nous nous dirigeons vers le lago Jeinimeni. Ce secteur donne accès à des sites insolites tels que El Valle Lunar et La Piedra Clabada. Après une trentaine de kilomètres un panneau donne quelques indications sommaires. Nous marchons pendant une heure dans la direction indiquée mais le sentier se perd dans la nature et nous faisons demi tour. Arrivés à la casita rodante, des chiliens nous questionnent car eux aussi cherchent.

Nous restons sur notre faim.

 

 

 

Nous passons la nuit sur le parking de l’embarcadère car nous dînons en ville (Saint Valentin). Réveil matinal, les premiers passagers du ferry arrivent à 6 h 00.

 

Après déjeuner nous quittons Chile Chico et prenons la piste qui longe le lac par le sud sur 140 km. Cet itinéraire est  particulièrement spectaculaire. La piste en mauvais état, même dangereuse par endroits, nécessitant une attention constante, est bordée par des reliefs rocailleux, des falaises impressionnantes, peu de végétation mais des paysages grandioses avec le bleu intense du lac toujours présent.

   

 

 

A Puerto Guadal, 4ème crevaison, nous payons la réparation 2 fois plus cher qu’à Puerto Natales, bienvenue chers touristes !

 

A El Maiten, 9 km plus loin, nous découvrons la Carretera Austral.

 

 

Elle démarre à Puerto Montt, en prolongation de la Panaméricaine qui naît en Alaska. Commencée en 1976 pour sortir la région de son isolement, sa construction représenta un travail colossal : tracer un chemin dans des bois impénétrables, une végétation exubérante, de hautes falaises tombant dans la mer, des rivières torrentueuses, des lacs, des fjords… Plus le climat particulier ! Par exemple, plus de 4200 mm de pluie par an à Puerto Cisnes et 1200 à Futaleufù. Elle arrive maintenant jusqu’à Villa O’Higgins, soit plus de 1 100 km (dont peu sont asphaltés) à travers des paysages incroyables.

 

La végétation devient de plus en plus dense. Nous quittons Puerto Rio Tranquillo dans la grisaille. Après El Engaño, la piste s’éloigne du lac et nous pénétrons dans une vallée étroite bordée par la basse montagne extrêmement boisée. A Villa Cerro Castillo la piste devient route bétonnée, avec quelques pavés par ci par là pour réparer les parties endommagées, puis goudronnée.

 

 Une nuit à Coyhaique, un tour à Puerto Aisén, une nuit à Puerto Chacabuco, au bord du fjord qui reçoit une quarantaine de paquebots par an et nous poursuivons notre remontée vers le Nord par une vallée qui s’élargit par endroits mais toujours aussi verdoyante, avec en permanence les sommets enneigés et une rivière ou un lac à portée de regard.

 

Le bitume nous abandonne, la végétation devient exubérante, la piste, en mauvais état, se rétrécit sous la présence du feuillage, une « forêt tropicale »,  la pente s’élève en lacets, nous entrons dans le Parque Nacional Quelat où nous passons la nuit devant l’entrée car il est presque 20 H.

 

 

Par un sentier escarpé, boueux, enseveli sous une épaisse végétation, nous traversons la forêt humide jusqu’au mirador du Ventisquero Colgante (glacier suspendu) qui, par une cascade spectaculaire, alimente la Laguna Tempanos, en eau couleur émeraude.

 

 

Puyuhuapi, petit port endormi au fond de son fjord,  La Junta, El Pueblo del Encuentro, d’où nous avons envisagé de traverser le golfe Corcovado pour nous rendre à Quellon sur l’île de Chiloe mais renoncé faute de place sur le ferry.

 

Bien que desservis par une piste de ripio, tous ces villages ont des rues pavées ou bétonnées, arborées, agrémentées de larges pelouses entre la rue et le trottoir. Même les moins peuplés possèdent de nombreux commerces, des supermercados, hospedajes, campings, Internet,  cabañas et souvent une station service.

 

Ces villages ou petites villes sont autant de bivouacs agréables et reposants en bordure de lac ou rivière à l’exception de La Junta où une bande de fêtards est arrivée vers 22 h 30 et fait un boucan d’enfer jusqu’à 4 h du mat.

 

Après avoir parcouru environ 900 Km, depuis Chile Chico, dont 700 de ripio, souvent entourés par une nature luxuriante, franchi un nombre impressionnant de ponts, (pas celui-ci, il doit être inscrit au Patrimoine Mondial des Ponts et Mers Vieilles)

en quelques jours, nous arrivons à Futaleufù, mondialement connue par les amateurs de rafting et kayak qui viennent affronter les rapides aux noms évocateurs : el infierno (l’enfer), la cabalgata salvage (la chevauchée sauvage), el terminator

 

Nous sommes gâtés par la météo : grand ciel bleu et température clémente depuis Lago Posadas (à l’exception d’une journée).

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