CHILI 2010‎ > ‎

23 - La Serena - San Pedro de Atacama

Du 19 au 26 mai 2010

 

Nous reprenons notre route vers le Nord, accompagnés par la Camanchaca. Peu à peu le paysage devient désertique. Nous traversons une zone qui concentre un grand nombre de mines : fer, cuivre, or, argent… et les villages rencontrés, essentiellement habités par les mineurs et leur famille, ont tous un air tristounet, en exemple la photo de la boulangerie.
 
 
Peu avant Cachiyuyo, de grandes étendues de raisins étalées au soleil attirent notre curiosité. En provenance des différentes régions de production, le raisin est amené ici, lieu privilégié pour le séchage : climat sec et ensoleillé. Après une trentaine de jours d’exposition sur des bandes plastiques, il est acheminé dans une usine où il est préparé et conditionné pour l’exportation, nous explique le propriétaire qui nous le fait goûter. Il fait aussi sécher des piments rouges, l’aji ou chili.
 
        

 

Nous faisons étape à Caldera. Aujourd’hui a lieu une parade des écoles devant les élus et les personnalités locales en souvenir de la bataille d’Iquique. Nous assistons à une démonstration de cueca, la danse traditionnelle nationale.
 
 

Après déjeuner nous visitons la ville, en particulier l’église San Vicente de Paul construite en bois, l’ex Station Ferroviaire (la première construite en Amérique du Sud) devenue Centre Culturel après sa restauration, balade jusqu’à Bahia Inglesa et ses jolies plages puis nous bivouaquons à Playa Calderilla.

 

Nous passons devant le monument érigé à la mémoire du Commandant Cousteau, un dauphin en bronze tenant le célèbre bonnet dans sa gueule.

 

Le 21 mai est un jour férié commémorant la bataille navale d’Iquique de 1881 où la frégate Esmeralda sous les ordres du Commandant Arturo Prat, a été coulée par la Marine Péruvienne après une résistance héroïque, entraînant la mort de 145 marins.

 

Nous longeons quelques belles plages de sable clair telles Playa Ramada au milieu de dunes qui couvrent une surface de 240 km2 et dont l’une, le Cerro Medanoso atteint 1.643 m de hauteur, Playa Rodillo et Playa Hippies puis faisons une halte au Santuario de la Naturaleza Granito Orbicular, une formation géologique très rare que l’on trouve aussi en Australie et en Finlande. Il s’agit de gros rochers gris tachetés de noir, incrustations rondes de divers minéraux (dont du quartz) dans la roche.

 

Nous allons jusqu’au Parque Nacional Pan de Azùcar où le gardien de la CONAF (l’organisme d’Etat qui gère les Parcs Nationaux) nous annonce que l’entrée est gratuite car la pluie abondante de ces derniers jours a emporté la quasi totalité de la piste, réduisant considérablement la visite, notamment l’accès au Mirador en voiture.
 
 

Nous bivouaquons à Caleta Pan de Azùcar. Après une balade jusqu’à l’extrémité de la plage, nous discutons avec quelques pêcheurs vivant sur place. Ils partent « arroser » la pluie et nous décidons de nous rendre compte par nous même jusqu’où notre véhicule pourra nous amener. Les premiers kilomètres de piste ont été réparés puis plus rien. Effectivement, l’eau recueillie par les collines environnantes formant un entonnoir a dévalé jusqu’à l’Océan, emportant la piste sur son passage. Comme nous ne sommes qu’à 4 km du sommet, nous empruntons le large couloir de ce qui devait être la piste. La terre est sèche, assez roulante et nous arrivons facilement au sommet.

La vue est superbe, la brume s’est presque totalement dissipée.
 
 
 
Nous déjeunons sur ce superbe balcon et Maître Renard, par l’odeur alléché…
 
 

 

Nous redescendons tranquillement et croisons un Guardaparque avec qui nous bavardons un moment. Logeant lui aussi sur place, en surplomb de la plage, il nous confirme que le torrent formé par les 35 mm de pluie tombée en 48 h était impressionnant. A voir la tranchée creusée dans la plage, nous le croyons sans peine.

 

C’est un évènement exceptionnel qui va en entraîner un autre tout aussi exceptionnel :

Le désert va fleurir.

 

Ce phénomène a lieu lorsque les pluies généreuses arrosent la région (une telle ampleur ne s’était pas manifestée depuis 1997). Un premier manteau de couleur verte va apparaître en juillet/août puis de début septembre jusqu’à fin novembre se sont plus de 70 variétés de plantes, endémiques pour la plupart, qui vont fleurir de toutes les couleurs.

 

Nous passons une nuit de plus au bord de la plage et reprenons la piste jusqu’à Chañaral, petite ville sans grand charme.

 

Dès la sortie de la ville, c’est le désert. Le désert et les détritus. Quel gâchis, sur des kilomètres, les bords de la route sont jonchés de déchets, de bouteilles, de plastiques, etc… d’autant plus visibles qu’aucune végétation ne les masque.

 

Nous bivouaquons à Taltal, au bord de la plage.

 

Nous traversons une région qui compte un nombre impressionnant d’exploitations minières, invisibles depuis la route, mais on les devine au loin, accessibles par les pistes qui sillonnent les collines aux tons ocre, rougeâtres, beiges ou bruns, qui nous entourent.

 

280 km dans cet environnement, toujours le même mais jamais pareil, pratiquement sans voir une construction, mis à part la Mano del Desierto, nous arrivons à Antofagasta, popularisée en France par le passage du Rallye Dakar. Grande ville, trop grande pour nous. Nous poussons jusqu’à La Portada, emblème de la ville, à quelques kilomètres au Nord de la ville. Nous passons la nuit près de la falaise.
 
 
 

Le lendemain, nous faisons le plein de carburant et repartons dans le désert.

 

Nous traversons encore une région minière. Un panneau nous signale que nous franchissons le Tropique du Capricorne.

 

Le salpêtre, à l’origine de la richesse du Nord du Chili et du conflit qui opposa le Chili à la Bolivie et au Pérou, n’est presque plus exploité aujourd’hui, seules 2 ou 3 mines subsistent et il ne reste que les ruines des villes fantômes (Ex Officinas) habitées jusque vers le milieu du XXème siècle par les mineurs et leurs familles.
 
 
 

Après une centaine de kilomètres, nous traversons Sierra Gorda et remarquons sur un panneau que nous sommes à plus de 1600 m d’altitude.

 

Nous doublons et croisons les trains qui font l’aller-retour vers Antofagasta pour y amener le cuivre et autres minerais.

 

Encore une centaine de kilomètres et nous voilà à Calama, ville de près de 140.000 habitants, sans grand intérêt touristique. Nous passons à l’Office de Tourisme pour réserver nos places pour visiter la mine de Chuquicamata le lendemain et nous installons au camping où nous faisons la connaissance de Nolwenn et Robert, tourdemondistes (en avion, à pied, à cheval et en voiture).

 

Un bus nous amène jusqu’au centre d’exploitation de la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert du monde : un cratère de 5 km de long, 3 de large et 1 de profondeur. Impressionnant !
 
 
 
Ballet incessant d’immenses camions transportant jusqu’à 400 tonnes de roche jusqu’au centre de transformation (qui ne se visite pas) dans un nuage de poussière malgré l’arrosage régulier des pistes. Actuellement, 20.000 personnes travaillent ici en faisant les 3x8 pour une production annuelle (2009) de 874.000 t de cuivre et 13.000 t de molybdène. Le Chili est le premier producteur mondial de cuivre et plus de 40 % de sa production est exportée (essentiellement vers l’Asie).

 

Tous les employés et leur famille étaient logés gratuitement à Chuquicamata, ville appartenant à CODELCO (Corporation Del Cobre), où ont vécu jusqu’à 25.000 personnes et située à 1,5 km de celle-ci. Pour diverses raisons, hygiène, confort mais aussi économiques, tout ce monde a été relogé à Calama, à 16 km, où une flotte de bus les prend en charge. Les dernières familles ont déménagé en 2008.

 

Une partie de l’ancienne ville est déjà ensevelie sous une montagne de terre et le reste est conservé en l’état, comme musée.

 

Après la visite nous prenons la route en direction de San Pedro de Atacama.

  
Plus de photos dans la sous-page ci dessous :
Sous-pages (1) : Diaporama
Comments