BRESIL 2013


Mercredi 5 juin

Arrivés au poste de contrôle brésilien, l’agent nous informe que les formalités concernent uniquement les personnes et que nous devons les faire au service de l’immigration de Guaira.

Au contrôle suivant, un charmant policier ou militaire qui parle l'espagnol, nous annonce qu’il connaît Paris et rentre dans notre GPS l’adresse de l’immigration à Guaira, à 8 ou 9 km à l’opposé de notre route, à la Policia Fédéral pour nos passeports. Il faut ensuite aller à la Receita Fédéral pour le véhicule, nous y allons mais il faut attendre l’ouverture à 13 h 30.

Pour occuper cette attente, nous préparons le repas et mangeons. Nous y retournons juste avant l’heure et surprise……. c’est déjà ouvert. Plus tard, on s’aperçoit que nous avons changé l’heure à tort. Lorsque notre tour arrive, l’employé ne sait pas, il téléphone et nous sommes accompagnés au 1er étage au bureau d’une responsable.

Ce n’est pas ici nous dit-elle. Nous insistons à tel point qu’elle finit par nous dire d’attendre au rez-de-chaussée pendant qu’elle téléphone pour se renseigner.

Arrive notre policier ou militaire surpris de nous trouver là, nous lui expliquons ce qu’il se passe. Il demande à être reçu par la dame du 1er mais elle est en ligne.

Elle nous rejoint un moment après et nous apporte une photocopie d’un texte de loi du 21 mai 2013 disant que l’autorisation de transit temporaire d’un véhicule étranger n’est plus obligatoire dans le pays. Nous pouvons donc circuler au Brésil et revenons sur nos pas pour prendre la direction du Pantanal.

En résumé, on a eu tout faux pour les saltos, les formalités et l’heure.

La route est assez bonne, les paysages vallonnés sont essentiellement réservés à l’élevage, la culture de canne à sucre et de céréales. Le transport de toutes ces productions se fait par camions qui roulent comme des fous. Tout le long de la route, des campements de fortune témoignent que la pauvreté n'est pas une exclusivité urbaine dans ce pays.


                          




                         
Nous trouvons un bivouac sur un parking près de la police à Juti, petite ville. Avant de repartir, nous faisons le plein d’eau dans leur cour, un fonctionnaire sort même un de leur véhicule pour nous faciliter la manoeuvre.




Nous roulons jusqu’à Dourados (plus de 200.000 habitants). Cette ville donne l’impression d’être moins importante, la circulation est fluide et nous trouvons une place juste devant HSBC dans le centre. Le réal a baissé depuis l’escale à Santos, 2,80 pour 1euro.

Nous faisons un petit tour mais il n’y a rien à voir, cette ville a surtout une vocation commerciale.



Vendredi 7

Après une visite au CAT (centro d’atençao ao tourista) de Jardim, nous nous rendons sur un site à une trentaine de km, Buraco das Araras, une dépression géologique de 500 m de diamètre et 100 m de profondeur où vit une colonie de aras.




En attendant la visite de 16 h nous déjeunons sur le parking et Louis bricole. Un touriste californien lui rend visite et lui fait réviser son anglais.

Nous nous approchons de l’accueil et un guide parlant français nous dit que c’est mieux le matin, avant la chaleur (+ de 30°). Mais nous ne pouvons pas passer la nuit là, il faut aller au camping.



Réveil à 6 heures, le ciel est un peu nuageux, se dégage ensuite.

Durant la marche, Pietro notre guide, nous montre les arbres dont les fruits servent de nourriture aux aras. Nous arrivons au premier balcon au dessus de la falaise qui permet d’observer ces magnifiques oiseaux, buraco signifiant trou.


Monogames, ils volent toujours en couple et vivent entre 60 et 80 ans. Ils se nourrissent de fruits durs (dattes et autres) et consomment aussi du calcaire de la falaise où ils nichent, pour les minéraux. De temps en temps, on aperçoit un jeune apprenant à voler avec ses parents.

 

A l’opposé, nous faisons une halte à un deuxième balcon d'où l'on peut voir le lac au fond du buraco et les aras volant au-dessus.



Nous allons ensuite à Bonito, ville qui porte bien son nom, très touristique, hôtels pousadas, restaurants, magasins de souvenirs et agences de tourisme se succèdent dans les rues principales. La principale activité est la flutuação (flottaison) sur 2 ou 3 rivières aux eaux claires et poissonneuses, une combinaison en néoprène, masques et tubas sont fournis.

Toutes les excursions ou activités sont à réserver dans les agences et se font, à l'exception des balnearios, accompagnés d'un guide. Les tarifs sont très élevés.

En arrivant à Bodoquena, nous faisons le plein de gas-oil et les pompistes nous indiquent un parking en face la station ouverte 24h/24 pour passer la nuit.



Dimanche, nos copains pompistes nous invitent à voir le match de foot Brésil/France et nous offrent un rafraichissement, du Guarana, très caféiné c’est un stimulant thérapeutique à base de graines d’Amazonie. Comme nous sommes bien, nous restons une nuit de plus.




Lundi 10

Graissage du camion et nous quittons la station Posto Confiança, pour Miranda où nous campons sur le parking de l’ancienne gare ferroviaire.



Nous apercevons des toucans et des tuiuius (prononcer touyouyous) et nous rendons visite au CAT. Toujours la même réponse, il faut passer par agence. Nous y allons et retrouvons le californien et son épouse.


      

Nous réservons un safari diurne et une balade à partir de la Fazenda San Francisco pour jeudi.

Nous apprenons que tous les centres d’intérêts du Pantanal se trouvent sur des propriétés privées qui imposent l’accompagnement par guide et la réservation par agence.

Pour les futurs voyageurs, tarifs par personne avant le 1er juillet.

Buraco des Araras : 38 Rs – flutuação à Bonito à partir de 125 Rs – Safari de jour à la Fazenda 103 Rs– safari de nuit 182 Rs 

1 € = 2,80 Rs

Mardi et mercredi des risques d’orages et d’averses sont prévus, nous restons donc à Miranda, sur le parking de l’ancienne gare avec internet à domicile ou devant le bureau du tourisme avec branchement électrique. 


Les gens sont très gentils et lorsqu’ils nous voient aller à pied faire nos courses, ils veulent nous prêter un vélo. Le soir, en arrivant à 18 h, le gardien des locaux vient nous saluer et voir si « todo bom ». Nous pratiquons le « portugnol » mais sommes toutefois limités pour le dialogue, c’est dommage.

Jeudi 13

Levés à 5h30, nous nous rendons à la Fazenda à 36 km, dont 6 de piste correcte.


Après quelques formalités assurance et règlement du solde, nous voilà embarqués dans un véhicule spécialement conçu pour les balades dans la savane avec un groupe de touristes brésiliens. Quelques centaines de mètres plus loin, arrêt et descente de la chariote.


Comme nous ne comprenons pas un mot des annonces d’Armando notre guide, nous suivons disciplinés, un sentier en pente qui conduit à l’embarcadère d’un autre engin de balade sur l’eau. Et là, on comprend que nous ne sommes pas dans le bon groupe.

Nous avions opté pour la formule safari, balade et repas parce que le matin, on voit plus d’animaux paraît-il et nous voilà dans le groupe bateau et safari après le déjeuner. Je le dis à Armando qui répond « vous ferez le safari cet après-midi ».

Une navigation agréable sur un bateau à fond plat nous fait découvrir la végétation et la faune du Pantanal. Durant une halte, nous pouvons pêcher des piranhas pour attirer et nourrir les yacarés (caïmans). Peu motivés, nous regardons faire les autres.


Retour à la base, nous pouvons nous restaurer à la Cantina. Un beau buffet de crudités et de plats chauds accompagnent les pièces de viande découpées à la demande, le tout très bon et à volonté jusqu’au buffet de desserts. Nous avons ensuite le temps de profiter de la piscine ou d’une sieste digestive dans un hamac avant de repartir.


Durant plus de deux heures, nous sommes trimballés sur les pistes avec arrêt dès que l’on aperçoit quelque chose. Photos, explications d’Armando et commentaires des participants qui malgré  les « chuts » font fuir les oiseaux et les animaux. Au cours de ce périple, nous quittons le camion et empruntons une passerelle qui fait un circuit de 800 m environ d’où normalement on voit des anacondas et autres bestiaux. Mais là rien, sauf des moustiques à gogo, tout le monde est badigeonné de répulsif mais ils nous attaquent quand même. Ils nous harcèlent depuis ce matin et nous ont réservé le meilleur pour la fin, ils nous piquent même à travers les vêtements.

Au retour, nous apercevons un cerf qui aurait sans doute amélioré l’ordinaire d’un braconnier. En zoomant sur la photo on voit très bien une blessure qui semble due à une balle.


Un lunch nous est offert à l’arrivée, jus de fruits, divers gâteaux, pop-corn et une soupe de poissons froide qui régalent les habitués de ce met inattendu pour nous au goûter.

Nous avons apprécié cette journée dans une nature généreuse, un peu déçus quand même par la rareté des animaux par rapport aux dépliants prometteurs. Signalons aussi que dans cette usine à touristes, à aucun moment le personnel a fait un effort pour se faire comprendre ou pour nous comprendre. La clientèle nationale représente la plus grosse part de la fréquentation.


Nous restons sur place pour la nuit mais nous abstenons pour le safari nocturne au cas où ils ne resteraient pas assez de sang pour nourrir l’équipe de moustiques en poste.

vendredi 14 juin 2013

Nous partons en direction d’une autre zone du Pantanal et faisons une halte au bord de la route assez fréquentée, tout près d’habitations, les berges d’un point d’eau sont recouvertes de caïmans.


Nous prenons ensuite une piste «  l’Estrada Parque » et nous arrêtons lorsque nous apercevons une famille non identifiable qui se barre aussitôt dans l’épaisse végétation. Nous attendons sans bruit et la voilà qui revient, ce sont des coatis, trop mignons le papa, la maman et leurs petits et ils ne savent pas qu’ils sont filmés.


Nous franchissons plusieurs rivières par des ponts en bois, limités à 15 T, dont l’état paraît assez satisfaisant, heureusement compte tenu de la population des eaux.


Une voiture venant en face, nous fait des appels de phares et s’arrête en même temps que nous. Devinez…Jeff et Ilma, les Californiens. Nous passons à nouveau un moment ensemble, Ilma parle le portugais et l’espagnol et traduit pour Jeff. Demain, ils repartent vers Rio puis leur pays de résidence.


Nous arrivons à Passo do Lontra, un petit village et allons jusqu’au camping du complexe Parque Hôtel Estrada Parque.


Nous nous contentons du stationnement et du branchement électrique. Je signale au proprio que les sanitaires sont inapprochables, il m’en indique d’autres à 5 ou 600 mètres. En passant par là, nous jetons un œil, un peu mieux mais un crapaud et une chauve-souris occupent déjà le lieu.


Nous profiterons des passerelles pour déambuler dans cette végétation toujours abondante et observer les nombreux oiseaux. Durant la nuit c’est une véritable cacophonie, alors que seuls à côté d’’un bosquet et de la rivière, on pouvait penser être au calme.



samedi 15 juin 2013

Le temps paraît incertain, de gros nuages sombres et menaçants apparaissent. Nous nous renseignons et des orages avec beaucoup de pluie sont prévus aujourd’hui nous dit-on, il faut éviter de rouler sur la piste.

Nous partons quand même et demandons à nouveau à un guide avec un groupe de touristes. Non, pas de pluie aujourd’hui…???


On y va, Louis fait le chasseur d’images pendant que je conduis et que je passe les 66 ponts de bois restant, il y en a 70 ou 71 en tout, en deuxième pour ne pas me faire gronder.


Nous avons la chance de croiser un jeune anaconda déjà long de 2 m environ et de revoir des oiseaux, des caïmans en grand nombre, des capivaras (carpinchos argentins), quelques rares mais très beaux toucans, pas faciles à photographier et toujours une végétation native très fournie.

Finalement, nous avons du soleil presque toute la matinée.

Le temps très lourd rend les moustiques encore plus agressifs, dès que nous nous arrêtons la cabine est envahie.

Nous arrivons à Porto Manga et déjeunons en attendant de prendre le bac qui traverse le Rio Paraguay.


Nous hésitons à continuer, le ciel est très sombre vers l’ouest, mais le petit bourg où nous avons débarqué nous semble un peu glauque. Après un rapide calcul, nous évaluons notre arrivée avant la nuit donc c’est reparti. Mais justement l’état de la piste se dégrade, de la tôle ondulée et des trous sur une bonne distance et nous traversons la queue d’un grain moyen qui ne nous dépoussière même pas. Le revêtement est caillouteux « style ripio » donc pas glissant.


Nous traversons un paysage montagneux de faible altitude mais très plaisant et retrouvons la route bitumée. Ouf, finis les bing, bang, boum dans le mobilier, nous apprécions à tel point que le bruit du moteur devient mélodieux, attention à l’ouverture des placards et du frigo à l’arrivée.

Nous arrivons à Corumba, nous avions imaginé cette étape frontalière grouillante et inhospitalière qui donne envie de repartir très vite. En apparence, ce n’est pas le cas,


nous découvrons une petite ville tranquille et agréable.


Nous cherchons un bivouac, demandons par-ci par-là mais personne ne sait, puis voyons un panneau indiquant l’aéroport. Il n’y a pas de parking à l’intérieur de l’enceinte, mais nous pouvons stationner dans la rue, devant un organisme dont l’activité est liée à l’aviation.


Au calme, nous passons une bonne nuit, fenêtres ouvertes (avec moustiquaires) comme à la campagne.

Dimanche nous clôturons notre séjour brésilien au restaurant Laço de Ouro, où nous nous gavons d’un délicieux rodizio, buffet de hors d’œuvres, garnitures et desserts. On a juste oublié de faire une photo des grandes épées qui servent de broches pour la viande.  


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