BOLIVIE 2010‎ > ‎

30. Los Lipez en dépanneuse

Du dimanche 17 au  lundi 25 octobre 2010
 
Heureusement le temps n’est pas à la pluie car nous sommes au beau milieu du lit de la rivière.

Je reste l’après-midi au bord de la piste. 2 voitures passent, sans s’arrêter et me gratifiant d’un doigt. Sympa les boliviens !

 

Nous dînons, passons une bonne nuit, fraîche, nous sommes à 3995 m, -5.4° dehors, +6.1° à l’intérieur.

 

Le lundi 18 au matin, je reviens à mon poste d’observation, de toute façon je n’ai pas beaucoup de choix. Tu rêves Papilou ! Dany viens me rejoindre un peu plus tard et peut-être grâce à sa présence, une voiture s’arrête et m’amène à Uyuni.

 

Il s’agit d’un employé de la mine de San Vicente qui m’explique que la plupart des véhicules circulant sur cette piste sont des voitures de sociétés qui n’ont pas le droit de s’arrêter. Heureusement qu’il a enfreint le règlement, j’y serais encore !

 

85 Km en 1 h ½, vu l’état du terrain Sébastien Loeb fait des émules en Argentine. Il me dépose devant un centre d’appel et je téléphone à la Cie d’Assurances pour demander assistance. Un véhicule viendra nous chercher, le lendemain entre 13 et 14 h. Super !

 

Les taxis ne voulant pas s’aventurer jusqu’à notre « bivouac », après plusieurs heures de stop je cherche un véhicule susceptible de faire l’affaire. Après quelques tentatives infructueuses, le propriétaire d’un 4x4 accepte, moyennant 500 Bolivianos de « collaboracion », à condition de trouver du gasoil. Nous quittons le centre ville et traversons des quartiers peu amènes. Pensant au traquenard, je ne suis pas très rassuré. Nous atteignons enfin la station service mais la file d’attente est tellement longue que mon « taxi » préfère renoncer. On perdrait trop de temps, je connais une autre solution, me dit-il. Nous passons par un quartier encore moins rassurant. Il s’arrête devant une maison, disparaît derrière la porte et réapparaît quelques minutes plus tard. Sans mot dire, il démarre. Nous sommes maintenant en plein « barrio » et je suis de plus en plus inquiet (pour ne pas dire plus). Nouvel arrêt. J’imagine qu’il a prévenu ses copains et que je vais repartir en caleçon…si j’en repars ! Je sors de la voiture prêt à partir en courant (la peur donne des ailes, non ?). Non, il achète effectivement du carburant, chez un revendeur sans patente. Ouf !

 

Nous voilà sur la piste, à fond la caisse, trous, bosses, ornières, sable, tôle ondulée, à la limite de la sortie de piste, rien ne le ralentit, sauf qu’au bout de 4 ou 5 km un pneu explose. Il change de roue et je luis demande de se calmer, je ne suis pas à ½ heure près, je tiens simplement à arriver sain et sauf et je ne suis pas sur d’y arriver à ce rythme. Le message passe et il se calme…un moment. J’insiste à nouveau, plus fermement et il finit par lever le pied.

 

Après de nombreuses sueurs froides, nous arrivons enfin à destination, au grand soulagement de Dany (et du mien aussi) qui courageusement a gardé notre fourgon et n’avait pas envisagé de passer la nuit seule.

 

Mardi 19, à l’heure prévue, nous guettons l’arrivée de la dépanneuse, en vain.

 

Vers 18 h, passe une ambulance. Nous l’arrêtons pour lui demander s’ils peuvent nous sortir du « rio » car n’étant pas visible de la piste principale nous craignons que notre dépanneur passe sans s’arrêter. Sans câble de remorquage, le notre a cassé lors d’une précédente tentative, aucune possibilité : le ciel s’obscurcit (au propre et au figuré).

 

Notre ambulancier Mirko, en tournée dans les communautés voisines, revient, nous dit qu’il va se procurer un câble et nous sortir de là.
 

Sitôt dit, sitôt fait. Il revient avec une tige de fer de coffrage de 4 m, plie les extrémités en forme de crochet et aidé de ses collègues nous sort de cette m…e. Nous les dédommageons pour le carburant et les récompensons pour leurs efforts.

 

Nous allions nous mettre à table lorsque quelqu’un frappe…notre dépanneur ! A quelques minutes près, nos craintes se seraient avérées justes car celui-ci me dit que s’il n’avait pas vu le véhicule, il ne se serait pas arrêté, n’étant pas sûr du point de rendez-vous : un comble, je l’ai eu au téléphone et c’est le seul endroit où est planté un panneau indicateur.

 

Compte tenu de l’état de la piste, il est hors de question de partir de nuit, nous verrons demain matin.
 

 

A l’aube, nous sommes mécontents  de voir le véhicule car j’avais insisté pour avoir un camion équipé pour nous porter et non une vieille camionnette pour nous tracter. Sûr de lui, ne vous inquiétez pas, nous avons l’habitude, nous avons ce qu’il faut, tout ira bien, m’avait-il répondu.

 

Dès la première côte, la camionnette montre ses limites, impossible de progresser malgré plusieurs tentatives. Il nous abandonne sur place et part à San Vicente, chercher du renfort.

 

Il revient quelques heures plus tard accompagné d’un 4x4 qui va remorquer la camionnette qui nous remorque, vous suivez ? Tant bien que mal, nous parvenons à San Vicente où le cerbère du poste contrôle nous refuse l’entrée dans le village (il fallait demander l’autorisation 24 h avant). Nous devons stationner dans le village « civil » de la communauté des campesinos, à quelques centaines de mètres.

 

Notre garagiste part à Tupiza en quête d’un camion adapté.

 

Pour pouvoir téléphoner à l’assureur, il faut grimper sur la colline surplombant le village. Une marche de 25 mn jusqu’à 4650 m d’altitude. Malgré plusieurs appels, aucune possibilité de nous sortir de ce trou n’est envisageable, personne ne veut se déplacer en raison de l’état de la piste, de la distance, des formalités, du coût, etc. etc. Rassurant !

 

Par hasard, nous croisons un jeune ouvrier de la mine, Santos, avec qui nous bavardons un moment. Se demandant ce que nous faisons ici, nous lui narrons nos déboires. Il nous apprend qu’un camion transportant quelques fois des véhicules vient tous les jeudis ; donc demain.

 

Jeudi 21, nouvelle grimpette car je dois rappeler l’Assurance à 14h. Encore un ¼ d’heure de communication sans résultat. J’attends au sommet le rappel promis. Pendant ce temps, Dany redescend au village car nous avons aperçu LE camion. Elle se renseigne, il va sur Uyuni, ce qui ne fait pas notre affaire mais lui indique un autre camionneur, Juan Carlos. Las d’attendre un rappel qui ne vient pas je les rejoins et nous concluons l’affaire.
 
 

A la tombée de la nuit, par une rampe improvisée, nous chargeons le fourgon. Une fois de plus on ne m’écoute pas et il n’est pas arrimé comme je souhaiterais.

 

Bivouac insolite sur le camion. Départ à 4 h.

 

Vendredi 22. Une famille prenant place dans la cabine du camion, nous restons dans le notre. Vers 5 h notre chauffeur s’arrête pour prendre un cycliste. Nous le prenons avec nous car il fait - 6°. Il travaille dans une mine où l’on extrait l’antimoine et fait chaque matin 2 h de vélo pour s’y rendre.

 

En raison du mauvais état de la piste, nous sommes secoués dans tous les sens. 

 

Nouvel arrêt car je m’aperçois qu’une sangle a cédé. Rafistolage, pas à mon goût mais on repart. Pas pour longtemps, le même incident se reproduit, en côte cette fois et le fourgon commence à reculer. Grosse frayeur, malgré les coups de klaxon, Juan Carlos ne s’arrête pas et Dany flippe un max craignant que nous tombions du camion (nous avions reculé d’une cinquantaine de cm).

 

Il finit par stopper et nous arrimons enfin à ma façon le fourgon. Nous arrivons à Villazon, vers 14h, sans autre souci. Nouveau débarquement sur le même type de rampe et remorquage jusqu’à un stationnement de poids lourds boliviens en attente de chargement. Sans nouvelle de la Cie d’assurances, on pense y passer le week-end. Le quartier n’est pas réjouissant, le vent fort nous couvrant de poussière à chaque rafale nous oblige à nous enfermer.

 

Enfin le téléphone sonne et nous apprenons qu’un dépanneur vient nous chercher. Surprise, encore la vieille camionnette faiblarde de Jorge Moscoso Montecinos. Je ne peux me résoudre à parcourir 420 km derrière elle en raison du risque mais a-t-on le choix ? Nous passons la frontière où pour la première fois nous sommes contrôlés avec un chien. En repartant, je n’ai pas desserré le frein à main à temps, la camionnette cale. Plus loin, lors d’un freinage inopiné, le poids du fourgon le fait mettre en travers, ça promet pour la suite !

 

Nous arrivons à La Quiaca et préférons y passer la nuit. Nous stationnons sur le parking de la station service YPF (15 pesos) et prenons rendez-vous pour le lendemain à 4h.

 

Nous nous rendons au centre ville, faisons quelques courses et appelons VW Salta.

 

Appel de l’assurance qui confirme le départ à 5 h 30, j’insiste pour avoir une vraie  dépanneuse, mettant en doute la sécurité d’une telle expédition.

 

Nouveau contact qui nous dit cette fois, départ à 12 h, je m’énerve, aboie un peu dans le téléphone, me passe la colère !

 

En arrivant devant le fourgon, surprise : le crochet de remorquage a disparu. J’interroge les gens garés à côté. « Oui, un gars en 2 roues est venu, avec une barre a dévissé le crochet et est parti avec. Le pompiste doit le connaître car je l’ai vu le saluer mais je ne vous ai rien dit ».

 

Je questionne le pompiste : oui, c’est Jaime qui est passé. Qui ? Jaime, celui qui vous a tracté tout à l’heure.

 

Supposant qu’il en a besoin pour bricoler son système d’accrochage, nous en restons là.

 

Nous passons une nuit tranquille et pendant le petit déjeuner apercevons, à quelques mètres de nous, à demi cachée par un mur, la cabine surmontée d’un gyrophare qui pourrait être une dépanneuse. Je fais le tour de la station service. Effectivement, c’est bien une dépanneuse ! Je colle un post-it sur la vitre demandant au chauffeur de nous contacter dès son retour et j’appelle l’assurance pour lui donner les coordonnées relevées sur le camion en précisant que c’est exactement ce type de véhicule qu’il nous faut.
 
 

Quelques minutes plus, rappel de la Cie : « c’est nous qui l’avons mandaté, le chauffeur doit faire quelques courses, il vous prend en charge à 12 h, nous avons désisté l’autre intervenant ». Parfait, demandez lui de me ramener le crochet de remorquage (je lui donne les explications). L’horizon s’éclaircie !

 

Quelques minutes plus tard, arrivée de l’intéressé : « Je n’ai pas le crochet, qu’est-ce que j’en ferais, je ne suis pas revenu ». Je lui réponds que le pompiste m’a dit qu’il l’avait vu le prendre et que je vais aller à la Police. Il s’en va et lorsque la Police interroge ce témoin, notre loustic a dû passer le premier, car il change de version.

 

Pour ne pas retarder le dépanneur, nous laissons tomber !

 

A 12 h nous quittons La Quiaca et le reste du parcours se passe sans problème. Dommage que nous ne puissions profiter des superbes paysages, notamment la Quebrada de Humahuaca et ses couleurs de roches indescriptibles. Nous prenons quelques photos , en roulant, à travers les vitres, mais la qualité…. !

 

Vers 19 h, arrivée à Salta. Mauvaise surprise, le camping est fermé pour travaux. Nous passons le week-end sur le parking de la station service Shell, au milieu des poids lourds, avec accès aux toilettes et douches, wifi, à 2 pas du garage VW avec qui nous avons rendez-vous mardi matin.

 

Bilan des opérations, 336 € de téléphone et 506 € de remorquages.

 

Lundi 25, en nous rendant dans le centre ville, nous nous arrêtons chez le concessionnaire qui nous propose de nous remorquer et de tenter de nous dépanner dès aujourd’hui.

Plus de photos dans la sous-page ci dessous :

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