BOLIVIE 2013‎ > ‎

07-BOLIVIE du 25 au 31 juillet 2013

Jeudi 25 au 31 juillet

La route vers Potosi traversant des paysages monochromes n’a rien d’extraordinaire. 

Nous nous arrêtons à Bétanzos avec l’intention de voir un atelier de luthier mais personne ne peut nous indiquer où il se trouve.

Après déjeuner, nous arrivons dans la cité coloniale, la ville de plus de cent mille habitants la plus haute du monde, à 4070 m.

Nous nous rendons à l’office de tourisme installé au 1er étage de la Torre de la Compania de Jesus. 


Du mirador de ce beau clocher vestige de l’ancienne église jésuite, on domine la ville…sauf ces jours-ci, pour cause de grève.

Vers 1545, Huallpa un indien de l’altiplano part à la recherche d’un lama égaré. Il allume un feu au pied de la montagne Potojsi et voit que sous l’effet de la chaleur, le sol se met à fondre laissant un liquide brillant émerger. Il comprend qu’il a découvert une matière première convoitée par les conquérants et finit, sous l'emprise de l'alcool, par en révéler l’existence aux Espagnols.


La Villa Impériale de Carlos V est fondé au pied du Cerro Rico et des milliers d’esclaves indiens sont amenés pour l’excavation à grande échelle. Ce travail dangereux provoquait beaucoup de morts par accident ou à la suite de silicose. Pour pallier la pénurie de main d’œuvre les Espagnols firent venir des esclaves africains. Ils demeuraient 4 mois sous terre, creusaient pendant 12 heures par roulement, mangeaient et dormaient dans les mines.

Ceux qui travaillaient dans les ingénios (fonderies) ne vivaient pas longtemps empoisonnés par le mercure.

Exploitée pendant 3 siècles, la mine comptait jusqu’à 10000 galeries et plusieurs milliers d’entrées.

Les historiens affirment que le flux d’argent de Potosi vers l’Europe a développé le capitalisme, l’apport de liquidités atteindrait la somme de 50 milliards de dollars.


En 1672, un hôtel des Monnaies est créé pour frapper les pièces d’argent, la population croissante atteint 160000 habitants, 80 églises sont construites ainsi que des superbes édifices coloniaux.



Cette prospérité fulgurante sera de courte durée, les filons d’argent commencent à s’épuiser au début du XIXè et Potosi ne compte plus que 9000 habitants. La baisse des cours porte un coup fatal à la ville.


Aujourd’hui, les exploitations du Cerro Rico appartiennent à des coopératives de mineurs. Les conditions de travail n’ont guère évolué et l’extraction sert à peine à nourrir les mineurs dont l’espérance moyenne de vie est de 45 ans.

Par l’intermédiaire d’une agence, il est possible de visiter une mine. Outre les risques liés aux conditions précaires et vétustes, l’air pas toujours respirable et malgré l’intérêt de la rencontre avec les mineurs pendant leur dur labeur, nous nous abstenons. Cette expérience peut se révéler inoubliable ou traumatisante.

En 1987, l’Unesco a inscrit Potosi au patrimoine mondial de l’humanité, pour son passé mouvementé et tragique et sa somptueuse architecture coloniale.


La visite guidée en espagnol de la Casa de la Moneda dure 2 heures. Ce monument édifié entre 1753 et 1773, remplaçant le premier hôtel des Monnaies, est un des plus beaux musées d’Amérique du Sud.


A l’entrée, on pénètre dans une cour ornée d’une fontaine en pierre et d’un masque de Bacchus, accroché en 1965 par le Français Eugène Martin Moulon. Appelé Mascaron, c’est l’un des emblèmes de la ville, bizarre…


Prévenus, nous nous étions bien couverts mais ressentons quand même la fraîcheur dans ces gros murs dont l’épaisseur atteint plus d’un mètre.


Cet édifice renferme des trésors historiques. Une cinquantaine de salles regroupent des peintures, des sculptures, des meubles coloniaux, des objets en argent. Un immense entrepôt aux charpentes et planchers d’origine permet de découvrir une expo de l’évolution de toutes les techniques et monnaies frappées, les impressionnants engrenages en bois des machineries et presses actionnés depuis le sous-sol par des esclaves noirs puis par des mules ont été remplacés par des machines à vapeur au 19è et plus tard par des machines électriques. Les dernières pièces ont été frappées en 1953. Actuellement, elles sont faites au Chili et les billets sont imprimés en France.


Nous nous rendons à l’Ingénio San Marcos, une ancienne fonderie où était extrait l’argent du minerai provenant du Cerro Rico. Mélangé à du mercure et du sel il était ensuite réduit en poudre par des meules. Un bon restaurant est installé dans ces locaux au décor industriel, vieilles machines, outillage, nous y dégustons un filet de lama à la plancha, goût apparenté à la viande de biche, servi avec une sauce à la coca.



Autour de la place du 10 Novembre, la Cathédrale construite au 19è sur les ruines d’une église est un bel exemple d’architecture, à l’intérieur, un Christ en or massif, des confessionnaux escamotables, le baptistère et la crypte où reposent des hommes ayant œuvré pour Potosi.



Le Théâtre Modesto Omiste, la municipalité (en travaux) et des demeures de riches propriétaires de mines.

La balade dans les rues tortueuses révèle des façades pleines de charme et des bâtiments coloniaux. La construction sinueuse de ces rues et ruelles visait à couper le vent froid qui s’y engouffrait.

La Casa de las Tres Portadas fait partie des demeures représentatives.


La Iglésia de Nuestra Señora de Jerusaleñ contient un beau rétable doré à la feuille d’or et les plus grandes peintures de scènes bibliques recouvrent les murs.

Convento-museo Santa Teresa. Visite guidée en espagnol et en français. Nous faisons partie d’un groupe de 18 visiteurs dont 14 français (arto franceses, comme disent les Boliviens).

Il s’agit d’un couvent de carmélites, restauré, dont la construction avait coûté 2000 pièces d’or.


Seules les filles de bonnes familles pouvaient entrer dans cette prison dorée, il fallait verser une dot importante. Les règles étaient strictes, on leur prenait leurs vêtements, on leur coupait les cheveux qui servaient à faire des perruques aux statues. Elles ne pouvaient parler qu’une heure après chaque repas tout en exécutant un ouvrage.

Les visites familiales se déroulaient au parloir, sous la surveillance d’une autre sœur, les interlocuteurs pouvaient s’entendre mais pas se voir. Leur cellule, 2x2 m, se limitait à un lit sans matelas.

Elles assistaient à la messe dans une chapelle, séparées par un rideau du regard des autres fidèles.


L’endroit est somptueux, décoré d’œuvres des meilleurs peintres de l’époque et d’une superbe madone sculpté par le castillan Alonso Cano.

Deux jolis cloîtres plantés de cactus et d’un pommier de 356 ans nous permettent de profiter du soleil de temps en temps. Malgré l’intérêt de l’histoire, les anecdotes et l’humour de notre guide, nous trouvons trop longue cette visite glaciale de 2h30.

Aujourd’hui, il reste une dizaine de sœurs vivant dans des conditions assouplies par le Vatican, la doyenne a 58 ans et la plus jeune 30, brésilienne, prononcera ses vœux en octobre prochain.


L’Iglesia San Lorenzo achevée en 1744 a été rénovée en 1977.


L’Iglesia de la Merced abrite également un petit musée.


La poste principale où nous rédigeons une carte pour l’anniversaire de Maxime. Arrivera-t-elle ?

Durant ce séjour à Potosi, nous avons trouvé refuge dans le parking entièrement clos, du Résidential Copacabana, pour 5,50 euros par nuit avec douche et wc.

A cette altitude, nous dosons nos déplacements et visites à pied en raison du manque d’oxygène.

Gabi non plus n'a pas apprécié ce manque d'oxygène. La combustion ne s'effectuant pas correctement et générant une épaisse fumée noire en sous-régime ou à chaque accélération, le turbo s'est encrassé, entraînant une importante perte de puissance du moteur. Louis l'a donc démonté, amené chez un spécialiste et récupéré comme neuf. Après remontage, nous ferons régler les injecteurs à une pression plus adaptée à l'altitude.

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