BOLIVIE 2013‎ > ‎

01-BOLIVIE - 17 au 24 juin 2013

Lundi 17 juin

Les formalités de sortie sont rapides côté brésilien ainsi que le passage aux services de l’immigration bolivienne où nous n’obtenons que 30 jours de visa. Pour le véhicule, plusieurs motards attendent au guichet de la douane dans des vieux bâtiments lugubres et insalubres. Notre tour arrive, ensuite il ne nous reste plus qu’un bureau pour récupérer les documents.

Le douanier tente de nous soutirer une collaboration de 50 bolivianos, sans succès.

Nous voilà donc en Bolivie avec l’impression d’avoir retardé le temps d’un siècle.


Arrêt déjeuner à Yacubes, cochons, vaches, ânes et volailles se partagent la place et même la route bétonnée.


Louis propose son aide à un couple dont le Toyota refuse de démarrer. Le chauffeur en le remerciant lui répond que la batterie est neuve, le problème vient du « Bendix ».


En fin d’après-midi, nous faisons trempette aux bains thermaux (40°) d’Aguas Calientes dont l’accueil est plutôt froid. Nous passons la nuit sur l’aire de camping du site.


Mardi 18


Nous entrons dans la zone appelée Gran Chiquitania.

Nous nous rendons à Santiago de Chiquitos, un village niché dans les collines où l’on apprécie la température un peu plus fraîche. Une ravissante église de l’ancienne mission jésuite domine la place de ce joli bourg. Les gens sont très souriants et tous les gamins nous saluent.


Il n’y a pas de boulangerie, nous achetons du pain « casero » chez des particuliers.

Très bien accueillis au Centre d’Interprétation Ecotouristique, une projection de diapos nous permet de voir les sites à visiter.

L’après-midi, nous grimpons au Mirador et profitons des vues vertigineuses sur la vallée de Tucavaca. 



Demain, nous envisageons une autre randonnée avec guide (obligatoire).

Mercredi 19

Le temps maussade nous empêche de faire notre sortie. Avant de quitter le village, nous allons chez Milton, l’Américain de Bolivie, comme il se présente. Arrivé comme instituteur il y a quarante ans, il s’est installé au « Panorama » une ferme où il produit entre autres d’excellents yogourts.


La pluie nous accompagne un moment, puis le ciel alterne nuages et embellies. Nous faisons étape à Roboré pour un passage au DAB, nous n’avons que 100 bolivianos en poche. Un billet gardé en souvenir lors de notre premier voyage. Rien ne nous retient dans cette ville de militaires aux rues boueuses.


Nous arrivons à San José de Chiquitos et allons visiter le musée de la Mission, très intéressant et sa magnifique église, joyau de la place centrale. L’extérieur de l’édifice composé de quatre bâtiments ne ressemble pas du tout aux missions voisines.


Lorsqu’on quitte la place toute pimpante avec ses arbres bouteilles (toboroches) on découvre des rues dans un état indescriptible après la pluie ( plutôt faible puisque nous sommes en saison sèche). Nous n’osons pas imaginer le bourbier durant la saison des pluies.


Nous irons ensuite à la Valle de la Luna par une piste escarpée qui offre un panorama imprenable sur la plaine.


Le soir, nous dinons dans un resto tenu par un français Pierre et sa femme Patricia bolivienne, Sabor y Artes.

Jeudi 20

Nous longeons las Serranias Chiquitanas dont les sommets sont souvent dans le brouillard. Le ciel gris et quelques averses de bruine nous privent des belles couleurs des paysages.

Dans ce secteur, des exploitations agricoles appartiennent à des Mennonites, membres d’une secte anabaptiste fondée en Suisse, qui refusent toute autre autorité que celle de la Bible. Ils vivent entre eux du produit de leur terre, habillés en salopette.

Nous croisons et saluons un équipage français en camping car intégral tout propre, qui nous snobe.

En début d’après-midi, nous arrivons à Santa Cruz et trouvons une place de stationnement après un remarquable créneau, à moins de 500 m du cœur de la ville.


Avec 1,5 million d’habitants, Santa Cruz de la Sierra est la plus grande ville de Bolivie.

   

Nous faisons le tour de la place du 24 septembre et quelques rues autour puis entrons à l’office du tourisme. Avant toute chose, nous demandons où passer la nuit. Il n’y a pas de camping, dans la ville le bivouac est interdit, peut-être dans un parquéo (parking fermé et surveillé). Nous en visitons trois ou quatre mais l’exigüité pour l’un, l’absence de gardien de nuit ou autre raison, nous font décider de quitter la ville réputée dangereuse. Nous partons en direction de l’ouest, prochaine ville à une vingtaine de km. La circulation est fournie à cette heure de sortie du travail, veille d’un week-end prolongé puisque demain est férié.

Nous arrivons à La Guardia et y passons la nuit au bord de la route, dans le centre, à proximité du poste de police.


Vendredi 21 – Jour férié (solstice d’hiver) et nouvel an aymara.


Nous faisons quelques courses au marché, juste en face, puis le plein de gas-oil, le premier en Bolivie, 119 litres pour 48 euros.

Durant les premiers kilomètres, une pluie fine et toujours le brouillard sur les cimes dissimulent les panoramas. Puis, au dessus de 1000 m le ciel se dégage et la température remonte. 


                


Nous pouvons apprécier les paysages spectaculaires jusqu’à Samaïpata. Nous nous garons à côté de l’église et y resterons deux jours.



Nous bavardons un moment avec une famille argentine dont la fille a séjourné à Lyon pour ses études puis faisons une balade pour découvrir cette petite ville très agréable sur les contreforts de la Cordillera Oriental. Samaïpata,« repos sur les hauts plateaux » en quechua, est une destination très prisée des Cruceños les fins de semaine.

Samedi 22

Nous croisons un couple aperçu à Santa Cruz. Ils sont allemands et voyagent en camion Man. Nous discutons un peu, comme nous ils se rendent à El Fuerte.


Situé à 10 km sur les hauteurs, ce site archéologique pré-inca inscrit au Patrimoine de l’Unesco offre une large vue sur la zone accidentée des Andes. Les Espagnols l’ont baptisé ainsi dans les années 1600 car ils pensaient que ce lieu servait de poste défensif.



La fonction d’El Fuerte n’est pas établie avec certitude, il pourrait s’agir d’un ancien temple dédié au culte du Soleil et de la Lune, du serpent et du jaguar…..Les vestiges de 500 habitations ont été découverts, un temple principal représentent les sept phases de la lune et les dalles sont gravés de motifs d’animaux et de formes géométriques, des fouilles sont encore en cours.


Au retour, nous visitons le petit musée où sont exposés quelques vestiges, poteries, armes, en provenance d’El Fuerte.

Et comme c’est samedi, au bar « La Bohème » nous dégustons une bière bolivienne avec une délicieuse empanada au fromage.


Dimanche 23

Nous partons en direction de Mairana puis prenons la piste de terre pentue et sinueuse pour la Yunga qui permet l'accès au Parque Nacional et Aréa de Uso Multiple Amboro. Une randonnée de 4 à 5 h permet de voir diverses espèces de la forêt dont des fougères géantes. Après environ un tiers du trajet, il se met à pleuvoir, nous jugeons prudent de faire demi-tour. Dans ce secteur, tous les chemins de terre sont interdits par temps de pluie, il doit y avoir une bonne raison.


Nous apprenons plus tard, qu’il y a de moins en moins de fougères. Nous nous arrêtons à Mataral, petit village tranquille malgré quelques pétards autour du feu de St Jean. 


Lors de nos étapes, Louis a pour habitude d'aller faire un tour pour bavarder avec les locaux et récolter quelques infos sur leur façon de vivre.


D'ici, part la route de Vallegrande où débute El camino del Che. L'itinéraire suit les derniers déplacements d'Ernesto "Che" Guevara jusqu'à son exécution à la Higuera. La buanderie délabrée, de l'hôpital toujours en activité, où sa dépouille fut exposée est devenue un lieu de pèlerinage dont l'accès est protégé. On peut également visiter un petit musée. Nous ne faisons pas le détour.

 


Lundi 24


Pour se rendre à Cochabamba, notre prochaine destination, il y a la nouvelle route mais il faut revenir vers Santa Cruz pour la prendre ou la vieille route avec ses nids de poules car elle n’est pas très entretenue. Eh bien, nous optons pour les pistes pour visiter des villages perdus dans leurs belles vallées.


Les premiers kilomètres ne seront pas trop inconfortables mais ensuite nous roulons sur un matelas de poussières de terre et des passages particulièrement défoncés totalisant 74 km en 5 heures.


 Nous ne regrettons pas ce choix, les paysages nous récompensent largement. On passe plusieurs petits cols à travers des montagnes boisées ou des falaises colorées et découvrons de véritables oasis le long du fleuve, il ne manque que le soleil. Ces vallées sont très fertiles et l’on y cultive de la canne à sucre, des produits maraîchers et de l’anis.


En fin de journée, nous arrivons à Peña Colorada et nous installons à côté de l’école, seul endroit plat. 


Des gamins viennent nous voir et bavarder puis nous sommes invités à boire un rafraîchissement dans la maison en face par Godolfreda. Elle vit seule et travaille à la campagne. Elle met un dvd de danses folkloriques du Chaco Argentin ce qui limite la conversation en raison du niveau du son.