BOLIVIE 2013‎ > ‎

03-BOLIVIE - 2 au 7 juillet 2013

Mardi 2 juillet

Nous quittons El Poncho et nous arrêtons à Tarata. Notre première visite sera pour la station service où le gasoil est facturé à 9,51 Bs le litre (1 euro) pour les étrangers au lieu de 3,72 pour les Boliviens dont le carburant est subventionné.

Nous connaissions cette pratique mais jusqu’à présent nous avions bénéficié du tarif national, sans que l’on sache pourquoi.

Il est 15h30 lorsque nous déjeunons et décidons de rester pour la nuit. Ce bourg, berceau de deux Présidents de la République, possède une jolie place centrale arborée et des édifices vieillissants.

      

Le lendemain, nous traversons Huayculli, village de potiers dont le style et la technique se transmettent de génération en génération. La céramique cuit dans des fours cylindriques chauffés au bois d’eucalyptus.


Nous continuons sur une route pavée jusqu’ à Toro Toro à travers un paysage montagneux et torturé. Le village (2720 m) sans intérêt est la porte du parc du même nom.


      

Nous achetons les tickets pour y accéder et réservons un guide.

Nous bivouaquons à l’entrée du premier site choisi, près du poste des guarda parques. Il n’y en a qu’un, Louis va bavarder et partager une bière avec lui.



Mercredi 4 juillet, Canyon de Toro Toro et El Vergel

Nous démarrons à 8h30 avec Gabriel. Le sentier passe par un amphithéâtre où dévalent des cascades durant la saison des pluies et où se sont formés des ponts naturels dus à l’érosion des gros blocs de pierres. 


Les couches de grès, de calcaire et d’argilite parsemées de fossiles et d’empreintes de dinosaures ont été soulevées et déformées. Du mirador, nous dominons le canyon dont la profondeur est estimée à 250 m. 


Pour y accéder, nous empruntons un sentier en corniche, puis 750 marches avec quelques passages un peu corsés. On atteint le fond, El Vergel, jamais asséché et rempli de plantes tropicales, une rivière coule en cascades et forme des piscines naturelles, l’effort est largement récompensé.


Nous faisons une pause et entamons la remontée que j’appréhendais mais qui se passe bien. Un arrêt à un deuxième mirador nous permet de voir un jeune condor cherchant une proie. Gabriel nous apprend que selon une croyance, lorsqu’un condor mange un mouton c’est bon signe, s’il mange un renard c’est mauvais signe. Nous n’apercevrons pas les aras qui nichent dans les parois.


L’après-midi, nous nous rendons au village à pied et regagnons le bivouac, épuisés.

Vendredi 5 juillet, Ciudad des Itas


Nous passons au bureau des guides prendre Gabriel et prenons la direction de Ciudad de Itas (3750m) à 21 km, par une piste étroite et en mauvais état avec des passages très pentus. 

                 

                 

Le circuit d’environ 3 h traverse des montagnes de roches aux formes diverses et des labyrinthes conduisent à d’innombrables cavernes où l’on peut voir des peintures rupestres sur les parois.

                

     

Nous descendons dans un petit canyon où autrefois les voleurs de bétail cachaient leur butin. Nous entamons le retour et nous sommes de suite face à une première difficulté. Des marches permettant juste de poser les orteils ont été creusées dans la pierre et le passage au rocher supérieur se fait par un petit tronc d’arbre d’1m50 bien coincé entre les deux et entaillé de façon grossière. 



Je ne suis pas du tout à l’aise suspendue à ce bout de bois et Gabriel m’aide à franchir ce pas difficile. Plus loin, un autre point délicat nous oblige à faire carrément de l’escalade.


Nous retournons au parking où nous sommes interpellés par un campésino qui veut acheter de la bière. Gabriel nous explique que des camions de vente de boissons font des tournées dans les zones rurales et qu'il nous a pris pour l'un d'eux.                Nous redescendons au village pour déjeuner.

               

D’après nos deux cartes routières il n’existe pas de route reliant Toro Toro à Sucre, il faut revenir vers Cochabamba. Comme il y a des pistes partout, Louis interroge plusieurs personnes pendant ces deux jours pour trouver un itinéraire direct. Il veut absolument trouver un chemin. Un guarda parque lui dit qu’un collègue est passé par là à moto et un jeune guide lui indique une piste sachant que des touristes y sont passés en voiture récemment.


Nous voilà donc en direction du sud, la piste est assez bonne à quelques passages près mais la pente est forte, cela n’en finit jamais de monter. Nous prenons une autostoppeuse locale durant un morceau du trajet. 


En traversant un hameau nous sommes à nouveau pris pour le camion de refrescos. Nous mettrons presque 3 heures pour faire 40 km et atteindre le premier village presque au fond de la vallée.


Nous décidons de passer la nuit sur la place de l’église de Carasi. Un quadragénaire passe par là, nous en profitons pour lui demander s’il connaît le reste du parcours. C’est Ramiro, le dentiste, il ne sait pas et appelle el Tio, le doyen de ce bourg de moins de 400 âmes. 


Petit à petit, un groupe se forme autour de nous, il ne vient jamais de touristes étrangers ici. Ramiro, un comptable de La Paz arrive avec Daisy sa femme et leurs enfants, ils passent une semaine de vacances dans une maison familiale. Nous finissons sur un banc et partageons un Charque accompagné de mote (viande de cabri séché et maïs). 


Chacun prend des grains et déchiquette la viande avec les doigts. Nous finissons le plat dans l’église qui a besoin d’une sérieuse remise en état, un don serait bienvenu, nous dit-on.

Samedi 6

Nous saluons la famille Paceña, puis le dentiste, l’ingénieur etc…Daisy nous donne du pain fait par sa cousine et du maïs grillé.

Nous parcourons 5 km de descente vers le Rio, avec les ingrédients habituels : forte pente, virages en épingle, trous…  

             

La construction d’un pont est en cours mais en attendant nous devons traverser à gué les 3 bras du fleuve. Un conducteur d’engins du chantier explique à Louis où il doit passer. Les 2 premiers ne posent pas de problème mais arrivés au 3ème nous ne voyons plus de traces et attendons un camion pour le suivre car il semble plus profond que le premier. Vu le niveau, le motard a dû mouiller la bougie. 
        

    


Nous sortons de l’eau et nous engageons sur la piste raide et étroite, avec des caillasses, des virages au ras des précipices et des pourcentages affolants. Amis voyageurs en quête de sensations, à vos camions !! 4x4 fortement conseillé. 


La montée, en deuxième courte en raison des pourcentages dépassant 30°, des passages entre bordures effondrées et falaises menaçantes avec les balancements dus au relief du terrain, n’en finit jamais. Partis de 1860 m, nous atteignons le premier col à 3140 m et apprécions un petit emplacement pour nous arrêter, souffler et accorder une pause bien méritée à Gabi. 
          


Il nous a fallu 2 h 50 pour faire 18 km dont 5 de descente, arrêts photos inclus pour saisir les panoramas époustouflants. Pendant que nous déjeunons, passe un camion. Il s’arrête nous demander si tout va bien et nous raconte qu’il a « caressé » la falaise dans un virage de ce qu’il appelle la « 2ème ruta de la muerte ». Nous tirons notre chapeau aux conducteurs qui utilisent cette route avec leurs camions lourdement chargés de matériaux divers destinés au chantier du pont.

La descente donne quelques frissons avec ses vues plongeantes à couper le peu de souffle à cette altitude puis devient moins impressionnante et on alterne à nouveau montées/descentes plus courtes et moins raides jusqu’à Poroma, les paysages n'en sont pas moins spectaculaires. 


Il n’est que 15h30 mais cela nous suffit pour aujourd’hui. Nous faisons une balade pour nous déstresser et chercher un endroit plat pour la nuit. Louis discute avec un commerçant de la rue principale pendant que je vais voir le petit marché et ses 4 commerçantes avec qui je fais la causette.

            

Nous passons une nuit tranquille au-dessus du village sur le parking du gymnase.

Dimanche 7

Bon anniversaire Coco !


Avant de quitter Poroma nous repassons par le centre et une des marchandes nous dit qu’elle va mardi à Sucre et qu’elle aimerait nous y retrouver. Elle a recueilli et élevé deux garçons qui terminent leurs études et elle souhaiterait que nous devenions leurs parrains…

          

Pour cette dernière étape vers Sucre, nous choisissons une piste qui passe dans la vallée plus longue de 20 km. La plus directe serpente dans la cordillère et on a notre dose de dénivelé.


Nous devons bifurquer à environ 18 km et prendre une piste qui nous permet de rejoindre une route en meilleur état mais nous la loupons et faisons demi-tour. En fait, cette voie qui débute dans le lit d’une rivière n’est plus praticable. Nous reprenons notre chemin un peu dépités et ne sachant plus trop où il nous amène.


Pendant notre pause déjeuner, un gars vient voir si c’est le camion du dentiste ??? Comme Louis lui répond de façon négative, il demande s’il peut lui arracher une dent. Nous lui donnons quelques gélules de Dafalgan (pub pour BMS/Agen) pour la douleur.

A plusieurs reprises, nous hésitons quant à la piste à prendre lors de croisements. Dès que nous apercevons quelqu’un nous nous faisons confirmer que nous nous dirigeons bien vers Sucre. Nous arrivons à un endroit et ne savons pas quelle route suivre. Nous attendons le minibus arrêté un peu avant dans un hameau et le suivrons jusqu’à la route goudronnée.


Le ciel se charge de gros nuages noirs ; dommage pour les photos des environs de Sucre.
          


Nous arrivons à Sucre (214 km en 15 h) et tentons de nous rendre dans un camping en ville indiqué sur le GPS.

Nous empruntons une rue où nous zigzaguons entre les étals de camelots et des voitures stationnées. Cette voie s’arrête brutalement, le béton fait place à la terre avec une différence de niveau infranchissable et débouche sur un marché.

Une seule solution, ressortir de ce cul de sac en marche arrière au milieu de tout ce bazar. Allez Louis, montres nous tes talents. Il le fait !!! Bon il a un peu essuyé le rétroviseur droit sur des fringues suspendues.

Avec tout çà, il fait nuit et nous ne savons plus où aller car le GPS à décider de nous faire des blagues. Nous cherchons un poste de police en vain. Nous décidons de ressortir de la ville et de chercher refuge dans une station service lorsque nous tombons sur un contrôle de police. Le premier agent interrogé nous déconseille les stations services même gardées et nous dirige vers la gare routière. Pas question, il n’y a pas pire endroit pour se retrouver en caleçon. Nous demandons à nouveau un peu plus loin à une gendarmette qui nous envoie en centre ville près du commissariat mais il faudra quitter les lieux à l’aube, le stationnement est interdit du lundi au samedi. Les emplacements sont rares et nous finissons par nous poser à 20 h passées. Après cette journée bien remplie nous nous offrons un bon dîner et dormons assez bien au milieu de l'agitation nocturne.