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Uruguay

Du 22 février au 12 mars 2011

 

Depuis une semaine nous longeons le fleuve Uruguay et faisons escales dans les petits villages tranquilles qui le bordent.

 

Cette zone, dont l’activité principale est l’élevage et la culture, possède plusieurs stations thermales essentiellement fréquentées par les Uruguayens.

 

Quelques courses à Salto avant un passage par la Costanera qui ne nous retient pas plus que ça. Nous choisirons plutôt Dayman, station thermale plus au Sud, pour bivouaquer en toute sérénité.

 

Un détour par la Meseta Artigas, colline où est érigée une statue en hommage au Padre de la Nacion
 
puis étape à Quebracho, près de la gare.
A San Javier où le nom de quelques rues rappelle qu’ici émigrèrent de nombreux Russes, nous entrons dans le Parque Nacional Esterros de Farrapos. Au Centro de Visitantes du Galpon de Piedra nous avons un aperçu du rôle du SNAP, Sistema Nacional de Areas Protegidas, et de son action pour la protection de la faune et la flore endémique.

 

Nous passons deux jours dans ce bourg « tranquilazo » comme le qualifie un garde de la Prefetura Naval.

 

Sans guide du pays, nous progressons à l’inspiration qui ce jour là nous conduit à Nuevo Berlin.

 

Un peu d’histoire : Une des premières zones d’immigration allemande fut le littoral du Rio Uruguay par le biais de colonies à caractère agricole.

 

Entre les années 1857 et 1859, les frères Richard et Karl Wendelstadt achètent 27.000 ha de terres bordées de 32 postes avancés dont 31 sont occupés par des familles allemandes et baptisent leur estancia Nueva Mehlem, en souvenir de leur région natale, Mehlem, sur le Rhin.

 

Par la suite, les émigrés viendront de toute l’Europe.

 

Fin 1873 début 1874, les deux frères proposent de fonder une ville sur une superficie dédiée de 1.238 ha. L’accord est signé à Montevideo le 16 mars 1875, elle s’appellera Nuevo Berlin.

 

Pour la petite histoire, la famille Wendelstadt en Allemagne, gardait un œil sur les investissements de Richard et Karl, notamment leur frère Victor, principal actionnaire d’une grande banque de Cologne. Tellement intéressé qu’il envoya deux de ses fils en observateurs. Au vu des résultats aussi prometteurs, il investit d’importants capitaux dans l’estancia et dans la célèbre brasserie argentine Quilmes à Buenos Aires.

 

Les berges du fleuve sont aménagées en camping ; sous des paillotes des bancs et des tables, des fogons (barbecues), wc et douches chaudes, électricité, eau potable, pas de barrière ni réception, libre et gratuit et mieux entretenu que certains payants. Nous sommes donc installés avec l’intention de passer plusieurs jours en entendant la dernière ligne droite qui nous mènera vers le port de Buenos Aires. La dernière info nous annonce le départ pour le 17.

 

 Dans le village, à environ 800 m, on trouve des petits commerces ainsi qu’une connexion internet Wifi à l’Oficina Municipal de la Juventud.

 

Mardi, nous quittons la paillotte, il y a des bébêtes et comme elle n’est pas très haute, Louis n’arrête pas de se cogner, il a le crâne tout balafré. Nous choisissons un superbe quincho avec le fogon, l’évier inox, une grande table côté jardin, une moins grande côté mer, etc.

 

Vous pouvez venir, on a de la place !

 

Aujourd’hui, il y a couture au programme : remplacement d’une moustiquaire. Encore ??? Qu’est-ce qu’on use comme moustiquaire. Non, mais rappelez-vous, le soir de Noël, nous sommes sortis et les portes se sont verrouillées, seule alternative, sacrifier le tulle. La réparation provisoire étant assez grossière, nous ne pouvons pas y échapper, surtout pour revenir en France.

 

Nous faisons la connaissance d’un apiculteur, Juan Nieto (homonyme d’un ex collègue tarbais) qui depuis, chaque fin de journée, vient passer un peu de temps avec nous.

 

Notre départ étant retardé de jour en jour, le 20 aux dernières nouvelles, nous prolongeons notre séjour à Nuevo Berlin.

 

Depuis 43 ans, le Club Remeros de Fray Bentos, ville voisine, organise une régate, sur deux jours, entre Concepción del Uruguay (Argentine) et Fray Bentos, dont l’arrivée de la première étape est fixée ici.

 

A cette occasion, nous sommes invités par Fernando Diaz, adjoint du Maire de la toute nouvelle et première équipe municipale dans l’histoire de la ville (entrée en fonction le 08/07/2010), à suivre la course à bord du Sacra, bateau du Yate Club de Paysandú.

 

Le bus, affrété pour l’évènement, nous prend en charge à 5 h 30 et nous dépose devant le Sacra qui largue les amarres quelques minutes plus tard. Il est environ 7 h. Nous sommes une quinzaine : le Maire Sergio D. Milesi, son adjoint Fernando, un autre Conseiller Municipal, un responsable du SNAP (Système National des Aires Protégées) et sa collaboratrice, animatrice du Centro de Visitantes du « Galpon de Piedra » de San Javier, rencontrée lors de notre séjour là-bas, 3 journalistes de la TV, presse et radio locale, Damian Ibarguren Gauthier, un jeune artiste peintre, un professeur d’histoire plus quelques autres.

 

Après un peu plus d’une heure de navigation, nous atteignons Concepción où le départ doit être donné à 9 h 00. Un problème technique retarde celui-ci d’une heure.

 

C’est par des conditions idéales que les 22 concurrents s’élancent et les plus rapides nous distancent peu à peu.

 

Le cours sinueux du fleuve oblige les concurrents à des changements de cap fréquents et dans ces conditions, le représentant du Club de Paysandú se montre le plus rapide.

 

Un vent régulier se maintient jusqu’à l’arrivée et pour la plus grande joie du public, le bateau Uruguayen gagne la première étape, suivi de très près par un Argentin. Une avance toutefois insuffisante, car la deuxième étape, sous spi de bout en bout, tournera à l’avantage de l’Argentin, plus rapide à cette allure grâce à son spi asymétrique plus efficace que le symétrique de son adversaire, notamment lors des empannages.

 

La déception se perçoit dans les rangs Uruguayens qui devront patienter encore un an pour espérer voir triompher leurs couleurs.

 

Nous sommes chaleureusement accueillis par Victor et Nora, la maman de Damian, chez qui nous sommes invités à déjeuner à Fray Bentos. La terrasse de leur maison située à deux pas de la Costanera, nous offre une vue magnifique sur le Rio Uruguay.

 

La fermeture pour le week-end, du restaurant Yacumenza dont elle est propriétaire constitue  pour nous une aubaine. Nora, ex député du département de Rio Negro, avec sa connaissance de l’histoire de son pays, de sa ville, de ses atouts, besoins, particularités ou problèmes, est un personnage passionnant dont nous apprenons beaucoup.

 

Nous profitons de l’agréable compagnie de Damian et de Paul, son neveu, jusqu’au départ du bus qui nous ramène, en fin de journée à Nuevo Berlin.

 

Fernando Diaz, multiplie les initiatives pour nous être agréables. Toujours en quête d’idées ou d’évènements susceptibles de faire connaître sa ville, nous le mettons en rapport avec des kayakistes argentins rencontrés durant notre périple afin d’envisager une rencontre promotionnelle avec le club local de rameurs crée récemment.

 

Une interview de Louis, diffusée par la TV locale a boosté notre popularité et nombreux sont ceux qui viennent à notre approche.

 

Depuis notre arrivée sur ce Continent, le toit relevable du fourgon constitue une excellente entrée en relation avec la population locale, généralement intriguée par cet appendice. C’est encore plus marqué ici où régulièrement des gens viennent nous rendre visite. Nous avions lu beaucoup d’éloges sur l’accueil et l’amabilité des Uruguayens, nous confirmons absolument.

 

Vous l’aurez compris, l’accueil particulièrement chaleureux et l’attention que nous a réservé cette ville mérite bien qu’on lui fasse un peu de promotion.

 

Notre séjour dans cette paisible localité de 3500 habitants nous laissera un excellent souvenir. C’est le cadre parfait pour une étape de tout repos avec en prime un coucher de soleil plaisant sur le Rio Uruguay que devaient déjà contempler les Guaranis ou Charruas en leur temps.
 
Plus de photos dans la sous-page ci-dessous :

 

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