35. De San Juan à Ascochinga

Du 23 novembre au 7 décembre

 

Nous prenons la direction du Parque Sierra de las Quijadas. A l’heure du déjeuner, nous nous garons dans un coin bien ombragé et comme d’habitude, installons notre mobilier d’extérieur sous un arbre. Nous entamons le repas lorsque Louis me signale la présence d’un serpent sur le tronc. Vite nous déménageons et terminons le repas sans le lâcher du regard. Apparent repu, il s’accorde une sieste (le serpent, pas Louis).
Nous arrivons au site et notre entrée est enregistrée par un guardaparque à qui l’on doit indiquer le numéro de téléphone d’un parent proche à prévenir…au cas où ! Nous ne payons pas car l’agent concerné n’est plus là (il n’est que 17 h).

 

Nous bivouaquons quelques kilomètres plus loin.

 

Mercredi 24, nous allons faire la balade qui mène aux différents miradors. Sur le sentier, nous croisons un serpent corail, pas effarouché du tout, qui va tranquillement son chemin et se laisse même photographier. Des panneaux indiquent également la présence de cobras, nous regardons où nous mettons les pieds autant que les paysages. Le Cerro Portillo culmine à 1200 mètres, au-dessus d’un dédale de canyons de gré rouge et de lits de rivière à sec mais très dangereux en cas de pluie et d’inondations subites. Des traces de dinosaures et des fossiles, d’environ 120 millions d’années, ont été mis à jour récemment.

 

Après Talampaya et Ischigualasto, un peu décevant !

 

Nous passons une deuxième nuit dans ce bivouac au silence absolu et refaisons le tour des miradors sous un soleil de plomb.
 
 

En fin d’après-midi, nous partons vers la province de San Luis.

 

Arrêt à Lujan, village très étendu, en retrait de la nationale, avec ses 1700 âmes. Achetons du pain et compte tenu de la tranquillité, allons voir si nous pouvons y dormir. Près du Dique, endroit assez plaisant, il n’y a pas de plat. Passons devant le balnéario et son aire de pique-nique, fermé. Il fait sombre, nous nous garons au bord d’un chemin aux accotements larges.

Nous finissons de dîner lorsqu’on frappe à la vitre. Une dame nous propose de nous garer près de sa maison, sous les grands oliviers. Nous y allons et faisons la connaissance de Selva et Carlos et bavardons jusqu’à près de minuit. Ils travaillaient à Mendoza et ont fait construire leur maison à Lujan pour la retraite. Très actifs au sein du Club de Jubilados, ils ont aussi des projets pour aider les jeunes à acquérir une formation professionnelle.Vendredi 26, une petite randonnée nous fait découvrir la Quebrada de las Higueritas et ses nombreux oiseaux. A notre retour, il fait 38°, et nous apprécions la douche. Selva et Carlos nous attendent pour partager leur repas.

 

L’orage éclate en cours de nuit et nous avons droit à une bonne averse.

 

Samedi 27, le thermomètre affiche seulement 18…. !!!

 

Nous sommes conviés à déjeuner par nos nouveaux amis ainsi que leurs amis Marta et Hugo. Excellent repas, bon vin, humour, convivialité, tous les ingrédients d’une journée réussie avec des Argentins merveilleux.
 

 

J’allais oublier de signaler Wifi gratuit dans tout le village.

 

Dimanche 28, après avoir salué tout le monde, nous partons vers la province de Cordoba.

 

Petit à petit, les paysages changent, il y a de plus en plus de végétation,  le relief devient vallonné. Nous entrons dans une région plus nantie et les grandes et belles maisons en témoignent.


Mina Clavero, ville de 10.000 habitants en compte trois fois plus en saison estivale, avec ses 213 hôtels adhérents à l’office de tourisme. La visite est très plaisante, des plages de sable fin en centre ville, des bassins naturels et les paysages montagneux attirent les citadins en manque de fraicheur.
 

 

Nous déambulons dans ce lieu de villégiature pendant deux heures environ. Un orage accompagné de forte pluie a surement éclaté en altitude car le niveau de l’eau a subitement grimpé et certaines plages ont disparu.

 

 La RN 20, route spectaculaire vers les Altas Cumbres, nous fait découvrir la région Traslasierra. Le ciel devient nuageux et menaçant, nous arrivons sur le plateau sous la pluie, dans un brouillard à couper au couteau. La circulation est dense et nous manquons l’entrée très mal indiquée du parc que nous souhaitons visiter. Nous faisons demi-tour sans apercevoir un seul panneau pouvant nous aider. Nous avions repéré le parking d’un resto actuellement fermé, nous nous y installons pour la nuit.

 

Lundi, le soleil  brille, allons voir les Puentes Colgantes (ponts suspendus).
La piste est étroite, les trous larges et profonds, limite praticable, d’ailleurs nous ne croisons personne. Mais quand Louis veut y aller, il faut y aller : 18 km en deux heures. Nous traversons les 4 ponts et après une pause déjeuner dans un cadre de rêve, nous retrouvons la nationale mais pas l’entrée du parc (le même qu’hier). Après plusieurs tentatives sur des pistes de plus en plus mauvaises, nous rencontrons un Caballero qui nous donne la bonne direction. Nous rentrons dans le Parque National Quebrada del Condorito. Nous pouvons bivouaquer sur place, il n’y a personne.

 

Mardi 30. Dès l’ouverture, nous nous enregistrons et prenons le sentier qui amène au balcon Norte. Sentier très agréable car pavé de cailloux brillants et colorés en fonction du minerai contenu et bordé de jolies fleurs. Après une heure et demie de marche, nous nous installons pour observer les oiseaux, en majorité des rapaces ressemblant au condor. Nous verrons trois condors adultes et 6 ou 7 jeunes dans cette gorge en forme de V profonde de 800 mètres. Les jeunes ont le plumage marron devenant noir vers 6 ans. Un condor peut vivre 60 ans et plus. La femelle pond un seul œuf au printemps. L’oisillon nait deux mois plus tard. Les parents protègent leur petit pendant deux ans au moins, les apprenant à voler et à chasser.
 
 
Tout cela nous laisse admiratifs.
 

Nous y passons deux heures environ et descendons jusqu’au Rio Condorito,  par un sentier escarpé, 500 m de dénivelé,  puis rentrons avant d’avoir mal aux jambes. Compte tenu de l’heure, nous passons une 2ème nuit sur place.

 

Mercredi 1er décembre.

 

Après les zones désertiques, nous apprécions de retrouver des secteurs  boisés et du relief nous rappelant les belles régions pyrénéennes.

 

Nous voilà arrivés à Alta Gracia, autre lieu touristique et riche en histoire. Commençons par l’Office du tourisme installé dans le Reloj Publico, la Tour de l’Horloge érigée en 1938, à l’occasion du 350è anniversaire de la ville, près du Tajamar, réservoir d’eau construit en 1659, barrage le plus ancien de la province qui permettait de faire fonctionner des moulins.

 

Nous visitons ensuite le Musée d’Ernesto Guevara. En effet, le Che a passé onze ans dans cette ville où ses parents s’étaient installés pour son climat sec et soigner son asthme. Ce Musée est installé dans une des 7 maisons d’Alta Gracia où il a vécu et retrace sa vie.

 

Nous allons ensuite au Musée de l’Estancia Jésuitique. Ancienne résidence des Pères Jésuites et maison du vice-roi Liniers (français d’origine au service du roi d’Espagne).

 

Nous roulons un peu et nous arrêtons dans un bourg pour ne pas arriver à la tombée de la nuit à Cordoba. Un tour dans Villa Parque Santa Ana, nous repérons un terrain mais ne sachant pas à qui il appartient nous demandons à un policier si l’on peut y passer la nuit. Non, ce n’est pas prudent, venez dans la cour municipale à l’arrière du poste de police. Alors là, c’est le bivouac le plus glamour ! Nous voilà installés chez un ferrailleur ou plutôt une casse (très cassée) mais accueillis avec tant de gentillesse que nous y restons, puis la nuit c’est moins moche. On peut aussi faire le plein d’eau.

 

Le lendemain nous faisons les 20 km qui nous conduisent à la capitale cordobèse et allons directement au Camping Municipal situé dans le Parque San Martin, mise à jour de linge et de ménage du fourgon.

 

Vendredi 3 et samedi 4

 

Direction le centre, dans le flot de la circulation des gens pressés qui slaloment, passent au feu rouge etc.
Cordoba, 2
ème plus grande ville de l’Argentine avec 1.300 000 habitants (plus de 3 millions avec la banlieue) est aussi un grand centre universitaire, à l’architecture coloniale la mieux préservée de tout le pays : 14 églises – 19 musées – 26 places ou parc etc… Nous y passons deux journées et essayons de voir l’essentiel à pied dans le cœur de la ville et  Nueva Cordoba. Nous allons également au Mercado Norte, marché couvert très propre, sans odeur, avec de beaux produits, nous y achetons entre autres du camembert, et déjeunons dans un de ses attirants restos. Nous reprenons notre circuit et en sortant d’un Musée, un jeune homme nous fait des signes, très souriant, comme si il était notre neveu nous proposant de nous photographier. Il travaille dans le magasin où nous avons acheté le cadeau d’anniversaire de Mathis deux ou trois heures plus tôt et nous a reconnus. Ils sont formidables !!!!
 

 

Le camping est fermé pour cause de grève (ici aussi) nous partons donc vers la Sierra. Nous traversons Villa Carloz Paz, au bord du Lago San Roque, très frequenté l’été, puis roulons jusqu’à Cosquin, connu pour son festival de musique Folk (9 jours en janvier). Nous montons au Cerro Pan de Azucar (1200m) et nous garons en bordure du parking du départ d’un télésiège. Vers 20 h tout le monde part sous un orage et une belle averse, nous voilà seuls

pour passer une bonne nuit. Moyenne plus exactement, car nous sommes réveillés plusieurs fois par le passage de petits groupes de motos tout terrain, il parait que c’est très mode ici !!

 

 

Le lendemain, nous passons à La Falda, petite ville aux rues vallonnées, qui a abrité l’Hôtel Eden, maintenant en ruines,  où sont passés Albert Einstein, le Duc de Savoie et plusieurs présidents argentins.

 

Puis, nous arrivons à la Cumbre, perchée à 1141m, dans la Valle de la Punilla, dont la renommée est internationale dans le domaine du parapente. Le site de décollage de Cuchi Corral (380m au-dessus du Rio Pinto) a accueilli la coupe du monde 1999. Dix kilomètres de route de terre très médiocre et pas une seule aile ; nous supposons que la météo ne permet pas de voler, tendance orageuse. C’est bête, Louis voulait faire un stage, il en rêve depuis que je lui ai offert un baptême dans le Tourmalet, pour ses 60 ans.
 

 
Allons voir vers l’est. Par un petit col, nous traversons une zone qui nous rappelle le Pays Basque, on se croirait sur la route d’Espelette. Nous nous arrêtons à Ascochinga où trônent des grands et beaux bâtiments appartenant à l’armée, qui couvrent la moitié du village. Une léproserie occupait une partie, l’autre étant réservée aux familles et visiteurs. Aujourd’hui transformé en hôtel.
 

 

Il fait nuit lorsque nous trouvons un bivouac (avec Wifi) nous sous sommes attardés avec des Cordobèses fans de VW. C’est incroyable avec quelle facilité on peut communiquer.

 

Lundi 6.12

 

Nous avons l’intention de visiter l’Estancia Jésuite Santa Catalina à 15 km. Loupé, fermé le lundi, nous restons donc jusqu’à mardi, campons devant le terrain de foot. Ce hameau de 6 ou 7 maisons possède une école d’une douzaine d’élèves, un bureau de poste ouvert le matin (avec une postière en mini short, très bien porté) un poste de police, une petite épicerie qui fait snack. Nous faisons une balade et nous accordons une journée détente en regardant passer les gauchos. Il y en a plus en pick-up 4x4 qu’à cheval.

 

mardi 7

Avec un guide, nous faisons la visite l’Estancia et son église baroque, érigée à partir de 1622 par les pères jésuites. Site inscrit au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’Unesco, elle est l’unique estancia privée. Exploitation de 167 000 hectares (env.400 maintenant) on y élevait du bétail, 30000 têtes, essentiellement des mules destinées au marché péruvien. Tous les corps de métiers étaient représentés et les travaux pénibles exécutés par les esclaves, car plus résistants que les indiens Guaranis, nous précise-t-on.

Dans l’ancien quartier des esclaves, des membres de la famille possède et gère un restaurant, une auberge de 2 chambres et un magasin d’artisanat.
 

 
Fin de l’épisode, nous revenons au bivouac avec Wifi à Ascochinga pour vous écrire tout ça.
 
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